Coronavirus : chanter moins fort atténue les risques de contamination

Selon une étude britannique, le volume sonore est un facteur important dans la production et la dissémination de particules potentiellement porteuses de virus par les chanteurs. Plus on chante fort, plus le risque de propagation du coronavirus est accru.

 

Autant de risques de propagation en parlant ou en chantant trop fort

Si les risques de propagation du coronavirus pas les instruments à vent ont été étudiés dès le début de la pandémie, ceux que peuvent occasionner la pratique du chant n’avaient pas encore fait l’objet d’études sérieuses alors que dans de nombreux pays, notamment en Grande-Bretagne, la pratique du chant choral, reste très encadrée et même parfois interdite. L’étude réalisée par l’université de Bristol, cofinancée par le ministère britannique du numérique, de la culture, des médias et des sports, apporte donc des éléments susceptibles d’alléger les dispositifs de restrictions en vigueur. En effet, selon les responsables de cette étude, chanter ne serait pas plus risqué que parler, à condition de ne pas « hausser le ton ».

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Pour leur expérience, les chercheurs britanniques ont demandé à 25 chanteurs professionnels de chanter, parler, tousser et respirer dans un entonnoir. Résultat, le volume d’aérosols, les gouttelettes en suspension, émises pour chaque activité est le même pour une personne donnée, qu’elle respire ou chante. Mais à condition qu’elle ne chante pas trop fort. En effet, il ressort de l’étude qu’au volume le plus élevé (entre 90 et 100 décibels) les cobayes ont produit beaucoup plus de gouttelettes qu’en respirant. Mais 24 fois plus en parlant fort et 36 fois plus en chantant fort. Conclusion des scientifiques : Il ne faut pas forcément interdire le chant ou lui imposer des restrictions excessives, mais plutôt demander aux chanteurs de chanter moins fort et, pourquoi pas, utiliser des systèmes d’amplification sonore.

 

L’étude n’a pas analysé le cas des chœurs et chorales

De quoi redonner le moral au organisateurs de manifestations lyriques même si l’étude ne prend pas en compte tous les paramètres en jeu, notamment le fait qu’elle n’a mesuré que le volume d’aérosols produits par des individus isolés, mais pas par un chœur ou une alors que plusieurs foyers d’infection ont été identifié dans des chorales, notamment en Allemagne. Selon d’autres spécialistes, un autre facteur mériterait d’être étudié plus attentivement. Il s’agit des lieux dans lesquels des morceaux chantés peuvent être proposés au public. Ouverts ou fermés, grands ou petits, leur ventilation ainsi que la densité de personnes présentes qui pourraient, en effet, jouer sur la volatilité du virus. Il se pourrait même que, suivant le nombre d’interprètes par rapport à la quantité de personnes dans le public, les chanteurs ne sont pas forcément ceux qui produisent le plus grand volume de particules durant une représentation.

 

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Des résultats encourageants donc mais une étude encore incomplète et tempérée par d’autres scientifiques comme le Dr Julian Tang, professeur associé honoraire en sciences respiratoires à l’université de Leicester, interrogé par The Guardian, qui estime que « C’est une belle étude, mais pas exactement représentative de la dynamique réelle de l’ensemble d ‘un chœur, qui a vraiment besoin d’être approfondie pour évaluer véritablement le risque d’un si grand volume de vocalisations et d’expirations synchronisées ».

Philippe Gault

 

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