Coronavirus : « c’est en train de s’éteindre », assure Didier Raoult

Didier Raoult, infectiologue et Directeur général de la Fondation Méditerranée Infection était l’invité de la matinale de Guillaume Durand sur Radio Classique, ce mardi 5 mai. « On est en fin de partie », a-t-il assuré, en commentant la baisse de la  fréquentation des services hospitaliers par les patients atteints par le coronavirus.

 

Coronavirus : « les interventions humaines et politiques ne changent pas la courbe d’une épidémie »

« C’est en train de s’éteindre » a estimé Didier Raoult, après la publication d’une étude portant sur les cas de coronavirus dans 19 pays, et qui présente une courbe dite en « forme de cloche ». « C’est la forme banale des épidémies » a précisé l’infectiologue. « Les maladies ont une accélération et une régression, qui n’a rien à voir avec l’immunité des populations, et finissent par disparaître », a-t-il expliqué, ajoutant que « les interventions humaines et politiques ne changent pas la courbe, mais peuvent influer sur la mortalité et le pic de la courbe ».

 

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Pour Didier Raoult, le Covid-19 « s’éteindra avant l’été », sur Marseille à tout le moins. « Les réanimations sont en train de se vider. On est en fin de partie », a-t-il jugé, précisant qu’il recevait désormais beaucoup de prélèvements à analyser en provenance des Ehpad. Pour expliquer le ralentissement de l’épidémie, le professeur a avancé une théorie qui s’appliquerait pour tous les virus. « Le virus est maintenant moins contagieux qu’il ne l’était il y a un mois ». 

 

 

« Les épidémies commencent en devenant de plus en plus contagieuses, de plus en plus graves. Puis petit à petit, elles le sont de moins en moins« . Et la « fin de partie » serait constatable de manière définitive à l’échelle mondiale, et notamment au sein du pays source du virus, la Chine. « Quand j’ai dit que cela s’était arrêté en Chine, cela s’est arrêté. Ce n’est jamais revenu », s’est-il targué.

 

 

« J’ai été victime de menaces anonymes pour lesquelles j’ai porté plainte », a rappelé Didier Raoult

Une affirmation, pour laquelle il aurait été accusé de propager des fausses nouvelles. « Sur le site du Monde et du ministère, quand j’ai annoncé que la Chine était en fin de partie, j’ai été accusé de fake news »Didier Raoult est allé encore plus loin, rappelant avoir été l’objet d’intimidation. « J’ai été victime de menaces anonymes pour lesquelles j’ai porté plainte. Il y a des gens qui m’ont menacé en disant que j’avais des conflits d’interêts : je ne travaille pas avec l’industrie pharmaceutique depuis 30 ans. Qui peut gagner de l’argent avec de l’hydroxychloroquine ? », s’est-il défendu, en laissant entendre qu’il était pris à partie pour défendre sa liberté de parole. Une parole, qui détonne parfois. 

 

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« Je sais très bien ce qui se passe et je n’ai pas fini d’en parler. Il y a en particulier une incapacité à gérer la situation. Pourquoi la France a été incapable d’organiser un nombre de tests comparable à ceux de n’importe quel pays développé ? », a-t-il pointé du doigt. 

 

 

La mise en place d’un dépistage massif est à ses yeux l’un des échecs des autorités sanitaires et gouvernementales. « Il fallait tester. Si on fait une courbe de corrélation entre le nombre de tests et la mortalité, il y a une corrélation absolue »

 

 

Didier Raoult a défendu son triptyque « diagnostiquer, isoler, traiter »

Mais tester, recommandation de l’OMS depuis la fin mars, n’est pas suffisant pour Didier Raoult, qui s’est félicité de ce qui serait un changement de position de l’Organisation mondiale de la santé sur la question. « Je suis content que désormais l’OMS dise la même chose que moi. Maintenant il faut pour la maladie diagnostiquer, isoler, traiter. Pour les maladies infectieuses aigües, c’est comme cela. Et on a pas suffisamment traité »Aurait-on pu obtenir de meilleurs résultats avec le traitement à la chloroquine, comme l’a prôné Didier Raoult depuis le début de la crise ?

 

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A la question de Guillaume Durand, Didier Raoult a exprimé son incompréhension du choix du gouvernement français d’interdire le recours à ce traitement, alors que « la moitié des pays du monde le recommandent ».

 

 

Didier Raoult veut s’assurer que les résultats des essais Discovery « sont honnêtes » avant de les juger

Le gouvernement français a exprimé à plusieurs reprises son choix d’attendre l’aboutissement de l’étude européenne Discovery, qui porte sur l’efficacité de traitements contre le Covid-19, avant de se prononcer. Emmanuel Macron a assuré lors d’un point presse à l’Elysée hier que les conclusions des essais cliniques seront connues le 14 mai prochain. Sur notre antenne hier, Philippe Douste-Blazy s’est avancé et a affirmé que « les essais scientifiques comme Discovery ne trouveront rien ». « C’est vraiment à pleurer », avait-il déploré. Didier Raoult, lui, s’est montré méfiant. « Pour lhydroxychloroquine, on verra si les résultats sont honnêtes ».

 

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Il a d’ores et déjà fustigé le choix d’inclure dans les expérimentations un certain anti-viral. « Le grand objectif de cette étude était de montrer que non seulement le remdésivir n’a pas sauvé une seule vie. Mais même s’il avait sauvé une vie, il n’y en a pas de disponible en France, parce que tout le stock est réservé au Etats-Unis. Il y a un choix là qui reste totalement incompréhensible de mon point de vue ». L’infectiologue n’a pas non plus attendu la publication des résultats pour attester que « le lopinavir (la 3e molécule étudiée), on sait que cela ne marche pas ».

 

Nicolas Gomont

 

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