Consignes inapplicables, maires qui abandonnent : le déconfinement va-t-il tourner au vinaigre ?

Le plan de déconfinement est critiqué pour son impossible application par certains élus locaux. Deux mots reviennent dans la presse ce matin : la zizanie et la cacophonie. Dans le même temps, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ne parviennent pas à parler d’une même voix pour clarifier la situation.

 

La cacophonie s’installe entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe, pour Le Figaro

« La zizanie » est à la Une de Libération pour résumer la défiance qui monte avant la rentrée du 11 mai. Le quotidien évoque des consignes inapplicables, des directeurs submergés, des maires qui jettent l’éponge ou qui veulent ce que l’Opinion appelle l’immunité. Autrement dit, la garantie de ne pas être poursuivis par la justice en cas de contamination. Le Figaro, lui, ne parle pas de zizanie mais de « cacophonie » au sommet de l’Etat ; cacophonie qui brouille le message sur le déconfinement.

 

à lire aussi

 

Hier, explique le quotidien, alors que le Premier ministre vient d’expliquer au Sénat qu’on ne peut pas rester confiné, le président s’empare du sujet et confie comprendre toutes les inquiétudes, en particulier sur la réouverture des écoles. En fait, il y a de la peur ; la peur de sortir du confinement. Voilà pourquoi Les Echos parlent « d’une rentrée sous tension ». Et plus on redoute le déconfinement, plus on réclame des protections juridiques et des normes.

 

 

« Le chômage partiel est une drogue douce », s’insurge Nicolas Beytout

« Le retour au travail sera réglementé », explique Ouest-France. C’est comme cela qu’on se rassure, avec des règles, des procès, des normes. On en subissait déjà beaucoup et on va en manger. Dans Les Echos, Cécile Cornudet tente de résoudre la fameuse équation de l’impossible rentrée. « La confiance, dit-elle, c’est le moteur indispensable à l’acceptation du déconfinement ». Pour l’obtenir, l’Etat se fait social, l’Etat se fait nounou.

 

à lire aussi

 

Sauf que plus l’Etat fait la nounou, plus il nous rend dépendant. « Le chômage partiel est une drogue douce », s’insurge Nicolas Beytout dans l’Opinion. La seule façon d’en sortir est peut-être de suivre le conseil dans Le Figaro de l’essayiste Frédéric Lazorthes. Que nous dit-il ? « Choisissons la liberté responsable plutôt que l’interdiction et la surveillance ». On verra lundi si la liberté a gagné.

 

David Abiker

 

Retrouvez l’actualité du Classique