Chine : Que sait-on de l’incident en cours sur un réacteur nucléaire EPR ?

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La seule certitude, c’est que quelque chose ne fonctionne pas tout à fait normalement dans le circuit de refroidissement d’une centrale chinoise construite à Taishan sur des plans français. Pour l’instant il n’y a pas de fuite radioactive. On est dans un incident, -quelque chose de pas normal-, pas dans un accident.

Dans un secteur comme le nucléaire, on ne peut pas avoir une seule autorité qui décide tout

Les experts disent que dans un cas comme celui-là, qui s’est déjà produit en France, il faut arrêter la centrale pour effectuer plus de contrôles. Le problème c’est que cela arrive en Chine et que même si c’est un pays qui a acquis au fil des ans une vraie expertise nucléaire, ce n’est pas un pays qui a une culture des contre-pouvoirs. Dans un secteur comme le nucléaire, on ne peut pas avoir une seule autorité qui décide tout. On ne peut pas avoir un gouvernement qui décide d’investir, qui décide quel réacteur on va construire, qui impose des normes et qui derrière exploite et surveille.

 

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Il ne faut pas une seule culture administrative, il faut des donneurs d’ordres, des entreprises, des pouvoirs publics et une autorité indépendante. Il faut un arbitre qui puisse se placer au-dessus de la mêlée. Qui puisse dire que la priorité c’est la sécurité, et qui puisse tordre le bras à l’exploitant de la centrale, comme au gouvernement en cas de souci, et c’est plus facile de ne pas être d’accord dans une démocratie.

 

En France, EDF accuse  l’Autorité de Sûreté du Nucléaire de lui mettre trop de bâtons dans les roues

Dans un pays dirigé par un parti, l’intérêt supérieur de la nation peut parfois pousser certains à prendre des risques. En France, EDF et l’Autorité de Sûreté du Nucléaire qui est l’arbitre du nucléaire sont dans un bras de fer permanent. EDF accuse même l’ASN de lui mettre trop de bâtons dans les roues. Ils disent qu’il ne faut pas confondre la norme (ce qui a été prévu dans un plan qui doit pouvoir évoluer) et la sécurité. Pour EDF, l’ASN est souvent trop tâtillonne. Elle impose trop de choses et ne fait pas preuve d’assez de souplesse. Il y a peut-être du vrai. Ca fait perdre du temps, ça coûte cher mais c’est sans doute  le prix de notre tranquillité d’esprit et de notre sécurité.

David Barroux

 

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