Carambar repart à l’assaut du marché français

En fait ce n’est pas le célèbre bonbon mi-caramel mi-cacao qui se réinvente. C’est l’entreprise qui s’appelle Carambar, numéro deux du marché français de la confiserie qui cherche à se relancer.

 

Carambar, autrefois détenu par Danone, Cadbury et Mondelez, a été racheté par Eurazeo

La recette de la petite barre pleine de sucre qui colle entre les dents, ne change pas beaucoup. Il y a juste de nouvelles blagues à Toto de temps en temps. Mais la vraie nouveauté c’est que depuis trois ans, Carambar qui a appartenu dans le passé à Danone ou aux géants anglo-saxons Cadbury puis Mondelez a été racheté par le fonds Eurazeo qui a de très grandes ambitions pour la famille Carambar et tous ses cousins.

 

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La confiserie représente un marché de plus de 3 milliards par an et a longtemps été un marché en croissance. A la fois parce qu’avec la natalité il y avait toujours de nouveaux clients qui débarquaient dans les boulangeries mais aussi en raison des nombreuses innovations.

 

Haribo et ses célèbres fraises Tagada, numéro 1 du marché français, devant Eurazeo

Pour peser sur ce marché, le groupe Eurazeo a décidé de mettre les moyens et de constituer un vrai groupe avec des marques comme Carambar, Malabar, Kréma, Mi-cho-ko, les rochers Suchard et les pastilles Vichy. Ils ont aussi racheté Lutti, les scoubidous et les guimauves, et leurs bonbons qui piquent. Ça a donné naissance à un groupe qui est le numéro deux du marché français derrière l’allemand Haribo et ses célèbres fraises Tagada ou les Dragibus. Le marché du bonbon va un peu moins bien. Pour la première fois depuis 2017, il en léger recul de 2 à 3%. Pour les groupes de bonbecs, le coupable est tout trouvé… Ils sont victimes du « sugar bashing ». On n’arrête pas de taper sur le sucre et du coup les ventes reculent. Le nombre d’acheteurs reste stable mais ils consomment moins.

 

 

Du coup, pour résister, il faut innover et la clef maintenant c’est d’être le plus naturel possible, le moins artificiel. On a vu arriver des Kréma Bio. Des Crocos avec 30% de sucre en moins, des barres de céréales vegan, des papiers d’emballages recyclés et recyclables. Et bien sûr on a éliminé en très grande partie l’horrible dioxyde de titane des M&M’s. On en a mangé pendant des années sans le savoir mais maintenant on en veut plus. C’est comme le gluten ou les colorants. Aujourd’hui, on colore les bonbons à la betterave et on élimine la gélatine animale. On nous culpabilise un peu et du coup le petit bonbec plaisir souffre. On résiste plus à l’achat d’impulsion. Et du coup, les ventes fondent un peu. La clef c’est d’innover, de garder des marques fortes et enfin de faire de la pub. Beaucoup de publicité. Car il faut susciter l’envie.

 

David Barroux

 

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