Cannes 2022 : « La Femme de Tchaïkovski », un film qui évoque l’épouse du compositeur homosexuel

© Hype Film

Le long métrage de Kirill Serebrennikov, Zheng Chaikovskogo (Tchaïkovski’s Wife) est l’un des événements du 75e Festival de Cannes. Premier des 21 films en compétition officielle, présenté au Palais des festivals ce mercredi, le film du sulfureux réalisateur russe raconte un épisode marquant de l’intimité du grand compositeur.

Tchaïkovski aurait épousé Antonina Milioukova pour cacher son homosexualité

Kirill Serebrennikov, assigné à résidence pendant des années à Moscou mais désormais installé à Berlin, sera bien présent aujourd’hui à Cannes pour présenter son nouveau film, Tchaïkovski’s Wife. Le sulfureux réalisateur russe n’avait pas pu assister à la projection cannoise de sa délirante Fièvre de Petrov en compétition l’an dernier, ni à celle de Leto en 2018.

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Dans son nouveau film, Kirill Serebrennikov revient sur la vie de Piotr Ilitch Tchaïkovski à travers non pas le regard du compositeur mais de celle qu’il a épousée, Antonina Milioukova, pour cacher son homosexualité et protéger les siens. Cette union maritale, bien qu’elle n’ait duré effectivement que trois mois, reste un épisode sensible dans la vie de Tchaïkovski qui sombra ensuite dans une longue dépression qui le mena même à une tentative de suicide.

Kirill Serebrennikov : « En Russie, Tchaïkovski est un monument qui n’a pas eu de vie privée »

Kirill Serebrennikov explique que l’idée de ce film lui est venue en 2012 mais qu’à l’époque, alors qu’il cherchait un financement public pour ce long métrage, l’ex-ministre de la Culture Vladimir Medinski (actuellement chef de la délégation russe aux négociations avec l’Ukraine), « voulait que nous suivions la version soviétique de la vie du compositeur », raconte-t-il. En Russie, « Tchaïkovski est un monument qui n’a pas souffert, qui n’a pas eu de vie privée« , précise-t-il. Pour lui, sa vie intime reste « inconnue des Russes tout comme Tchekhov, Dostoïevski ou Tolstoï ».

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Réfutant tout sensationnalisme dans son film, le réalisateur russe dit vouloir montrer en partie comment cette relation tumultueuse a été également source « d’inspiration de ses extraordinaires œuvres » et notamment de son opéra Eugène OnéguineSi l’homosexualité de Tchaïkovski était connue depuis longtemps, des passages de certaines de ses correspondances publiées sans censure pour la première fois en 2018 dévoilaient ses chagrins d’amour ou ses désirs pour des hommes. Il y a 50 ans, 2 films avaient raconté la vie du grand compositeur russe : Tchaïkovsky en 1969, biopic version soviétique d‘Igor Talankine, et, en 1971, La Symphonie pathétique (The music lovers) de Ken Russell.

Philippe Gault (avec AFP)

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