Aramis Group entre à la bourse de Paris : Une success-story à la française

Aramis Group est une histoire d’entrepreneurs. Aramis auto a été créé il y a 20 ans en partant de rien, et aujourd’hui c’est devenu le champion français de la vente de voitures d’occasion. L’entreprise ne pèse pas très lourd sur ce marché parce qu’elle ne vend que 66.000 véhicules par an, mais ce marché est tellement gros et tellement peu consolidé qu’elle a un gigantesque réservoir de croissance devant elle.

Deux tiers des Français prennent leur voiture pour aller travailler parce qu’ils n’ont pas le choix

En France, on vend chaque année presque 6 millions de voitures d’occasion contre 2 millions de voitures neuves. Et à l’échelle de l’Europe ce sont 36 millions d’occasions. Le groupe qui arrivera à prendre une bonne part de ce gâteau européen -de plus de 400 milliards d’euros par an- sera un très grand groupe et c’est pour ça que même si Aramis reste relativement petit, il vaut déjà autour de deux milliards en Bourse, c’est-à-dire plus que TF1 ou Fnac/Darty et juste un milliard de moins qu’Air France-KLM.

 

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C’est un marché important sur lequel il y a 3 à 4% de croissance par an, d’autant que la voiture est souvent une nécessité. Deux tiers des Français prennent leur voiture pour aller travailler parce qu’ils n’ont pas le choix. Aramis est parti de rien et a été obligé de gagner de l’argent tous les ans dès sa naissance. Ce n’est pas une start-up qui brûle du cash et qui vend une promesse. Autre élément rassurant : Peugeot est actionnaire depuis 2016, c’est le croisement entre une entreprise d’entrepreneurs et un grand groupe. Et puis Aramis Auto a commencé à s’internationaliser et vend déjà une voiture toutes les 3 minutes.

 

L’automobile est le deuxième poste d’investissement des ménages après le logement

Les ventes entre particuliers qui passent par Le Bon Coin par exemple et qui utilisent l’Argus représentent les deux tiers du marché. Pour le dernier tiers, il y a les occasions dans les garages. Aramis se différencie en misant sur Internet et sur une image de marque. Ses dirigeants vendent de la réassurance car ils offrent des garanties : vérification des voitures, présence d’ateliers. Ils proposent un test de 15 jours et une vraie garantie d’un an. Cela leur permet de vendre un peu plus cher et de dégager une meilleure marge. Et puis ils peuvent vendre des options, du financement.

 

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L’automobile est le deuxième poste d’investissement des ménages après le logement, c’est donc une dépense importante. Du coup Aramis dépasse déjà le milliard d’euros de chiffre d’affaires et comme il est affilié au groupe Stellantis qui possède 12 marques comme Peugeot, Fiat, Opel ou même Ferrari, il est en bonne position pour récupérer de bons modèles. Et dans ce métier, il faut des clients mais aussi avoir ce qu’on appelle un bon sourcing, de bons produits à vendre. Eux peuvent aider l’offre et la demande à se rencontrer dans un monde qui devient de plus en plus digital.

David Barroux


 

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