À la Une : Canicule et communication politique

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

L’exemple à ne pas suivre : la gestion de la canicule de 2003 par le ministre de la Santé Jean-François Mattéi

Le parfait contre – exemple, le modèle à ne pas suivre : le ministre de la Santé Jean-François Mattéi qui ne s’est jamais remis en 2003 de son apparition en polo dans un 20 heures de son lieu de vacances.
Mauvaise appréciation de l’été meurtrier que la France allait connaître.
Ce souvenir est rappelé par La Voix du Nord et L’Union, pour souligner combien désormais les risques sont anticipés par les autorités.
« Tout est organisé », assure le gouvernement sur le pont

Report des épreuve du brevet des collèges

En fait -il trop ? Le report de quelques jours des épreuves du brevet des collèges est « abrupte et brutale » pour L’Alsace
Est-il fondé ? « Ca foire tous nos plans », dit Victoire, élève de 3ème à Paris.
« C’est pas possible, c’est une blague, une fake news ? Mais ils sont malades, c’est une énorme connerie ! », commentent à chaud les jeunes de 15 ans rencontrés devant leur collège par Le Parisien
Ils avaient envisagé un week-end sans stress (et festif), ou un départ en vacances…
Mais l’Etat-nounou a poussé un peu plus loin sa logique : infantiliser «ses » citoyens en prétendant les protéger d’eux-mêmes, déplore L’Opinion (« Fais pas ci, fais pas ça », la chanson de l’Etat-nounou…)

On parlait de communication politique… Emmanuel Macron la gère tout seul désormais !

« Macron, l’homme qui communiquait tout seul », lit-on dans Le Parisien.
Cinq mois que l’Elysée n’a plus de directeur de communication (même si un intime, Philippe Grangeon, est conseiller spécial, mais à mi-temps, et bénévolement, et sans le titre…)
Emmanuel Macron ne considère-t-il pas, in fine, que son meilleur communicant, c’est lui ? Il y est d’autant plus encouragé que son entourage, louangeur à souhait, ne cesse de vanter ses ‘flashs’, ses ‘intuitions », comme dit la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa.
Il sera sans doute encouragé aussi par le dernier baromètre Odoxa qui montre que le Chef de l’Etat progresse comme jamais (plus 6 points). La sorte d’effondrement collectif de ses adversaires politiques (LR, PS, France insoumise) joue aussi dans sa hausse, observe l’institut de sondage.

Du côté des Républicains, on évoque désormais carrément d’un acte de décès !

Qui va jusque-là ? Le Figaro qui dans son éditorial juge que le grand parti de droite appartient au passé.
Vincent Trémolet de Villers soigne son attaque…

Requiem aeternam… Ce sont les premiers mots de cet édito du Figaro qui observe que les conditions indispensables pour faire vivre un parti (la passion et la nécessité) ne sont plus là : LR est renvoyé au musée de la vie politique.
La manchette du journal annonce les 10 jours de tourmente qui ont fait chuter la maison Wauquiez après la débâcle des Européennes, et exploser la droite.

Union des droites : LR-Rassemblement national, une chimère ?

Question posée par Le Parisien : l’Union des droites (LR-Rassemblement national), une chimère ?
Question similaire, mais formulée sur le mode inquiet, dans Le Monde qui observe que le Rassemblement national mise sur les élus locaux Les Républicains pour les municipales. Objectif : des ralliements…

Des ralliements de maires LR au Rassemblement national pour les municipales ?

Certains électrons libres vont-ils s’allier pour ne pas perdre leurs places dans les mairies ? Les élus LR semblent pour le moment résister aux tentatives du RN, notamment dans le Var (33% des voix pour le Rassemblement national aux Européennes); Le Monde a rencontré à Brignoles, Signes, Draguignan, au Muy, des élus sourds aux sirènes du RN et qui affichent clairement leur intention, lit-on, de « résister face à l’offensive du parti d’extrême-droite ».

Initiative originale d’un village allemand pour « assécher l’extrême-droite »

Nous sommes à Ostritz, où se tient régulièrement un festival de musique néonazi.
Festival souvent marqué par des débordements alcoolisés… 4.400 litres de bière prévus par les organisateurs ont été saisis par la police.
Mais que se passerait-il si les participants se fournissaient eux-mêmes dans la supérette du village ?
Devant cette hypothèse, les habitants n’ont pas hésité, raconte L’Opinion : ils ont décidé d’acheter tout le stock du magasin. 120 caisses de bière ont ainsi disparu des rayons.

La Une de L’Opinion évoque un frisson…

Un frisson mondial de démocratie

Victoire de l’opposition à Istanbul, manifestations pour la justice à Hong Kong ou contre la corruption à Prague.
Après une décennie de recul démocratique, le vent est-il en train de tourner ?
Le journal évoque l’hypothèse d’un été de la démocratie dans le monde ou au moins un printemps ensoleillé. Cela change des manchettes sur la canicule, mais KAK représente, en train de suer péniblement, la brochette des dirigeants turc (Erdogan), chinois et praguois…
Même cri du cœur en s’épongeant le front : « Saleté de réchauffement démocratique »…

Michel Grossiord

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