À la Une : Hommage à Georges Pompidou, crispations identitaires, valeurs républicaines, légalisation du canabis thérapeutique

Chaque matin, Michel Grossiord décrypte l’actualité et vous partage sa Revue de Presse

Paix et prospérité sous le mandat de Georges Pompidou

Son visage à la Une du Figaro… Clope au bec ! On n’a pas gommé la cigarette comme dans les nouveaux épisodes de Lucky Luke.
Georges Pompidou !
Le 20 juin 1969, il entrait à l’Elysée.
« Cinquante ans après, la nostalgie des années Pompidou »…
Pour Le Figaro, les Français gardent de son mandat le souvenir d’une période de paix et de prospérité, avant que le premier choc pétrolier ne fasse entrer dans le pays dans une crise durable…

Nostalgie pour l’âge d’or des Trente Glorieuses

Dans la séquence des Trente Glorieuses, les années Pompidou furent « les Dix Prestigieuses », selon le mot (rapporté par Libération) de Bernard Esambert, ancien collaborateur et président de l’Institut Georges-Pompidou.
Taux de chômage : pas plus de 1,6%
Industrialisation à marche forcée…
Âge d’or, confirme La Voix du Nord : croissance de 5% en moyenne, mais aussi un temps où le président de la République amateur de belles bagnoles pouvait se faire photographier au volant d’une Porsche sans être cloué au pilori, pouvait lancer les grands travaux sans avoir à déloger des zadistes… Une « parenthèse enchantée », donc…

« Il faut se méfier d’une lecture trop mélancolique de l’histoire, mais oui, une parenthèse enchantée dans une histoire de France déchirée et violente », écrit dans Le Figaro Jacques de Saint-Victor qui répond, de manière contrastée sur une double page à la question « les années Pompidou, était-ce le bon temps ? »
« Au-delà des résultats économiques, la France pensait avoir l’occasion unique d’échapper « à ce grand magasin de rancunes », comme disait Bernanos, qui marquait son histoire depuis 1789, toujours tiraillée entre deux camps irréconciliables ».
« La France ignorait encore ces crispations identitaires qui ont désormais pris notre pays à la gorge ».
Les crispations identitaires et autres entorses à l’idée du bonheur et de la confiance sont bien présentes dans la France de 2019 et dans la presse du jour.

Les crispations identitaires : alerte sur les services publics

Les services publics face aux islamistes. Le Point dévoile les résultats de l’enquête parlementaire choc sur la radicalisation à l’école, à l’hôpital, dans les transports.
La radicalisation islamique est en marche dans plusieurs secteurs de la société, peut-on encore l’arrêter ? Comment a-t-on pu laisser faire ça ? demande Franz-Olivier Giesbert.
Le sujet est tabou… Il y a aujourd’hui près de 500 cités sensibles où sont régulièrement bafouées les lois, à commencer par l’interdiction du port du voile intégral.
À la RATP, des employés mettent des gants pour ne pas avoir à manipuler de la monnaie qui aurait été touchée par des femmes. Des locaux sont interdits aux femmes… Les musulmanes non pratiquantes sont mises à l’écart : un syndicaliste raconte qu’une collègue qui partait à Ibiza s’est fait réprimander qui lui a dit que c’était mal de faire la fête pendant le ramadan.

À l’école, les valeurs républicaines n’ont plus la cote dans certains établissements

Là encore, choses vues et entendue dans Le Point. Une dame de service a refusé de servir du porc à un enfant qui en mange à la maison. La mère s’est plainte, mais s’est fait traiter de mauvaise musulmane.
Un enseignant remplaçant a été signalé dans une maternelle du nord de Paris pour avoir séparé dans la classe les filles des garçons. Les toilettes sont mixtes, mais il a interdit aux petites filles de s’y rendre quand des garçons y sont ! À 3 ans…
L’école… Autre sujet qui fera naître une autre forme de nostalgie à certains : la discipline.
Une du Parisien : les collégiens perdent 7 jours et demi de cours par an à cause du chahut. Selon une enquête de l’OCDE, les profs français, impuissants face à des élèves de plus en plus remuants, sont lanterne rouge en discipline. Ils souffrent d’un cruel manque de formation.

Les Français et la drogue

Pour compléter le tableau nostalgique, un détour par la drogue ? Les années Pompidou, c’était Peace and Love… Aujourd’hui, un policier de Marseille s’interroge dans La Provence « La vraie question c’est : pourquoi autant de Français se droguent ? Pourquoi y a-t-il autant de clients dans ces files d’attente impressionnantes ? »…
C’est un haut gradé, spécialisé dans les trafics, qui s’exprime dans La Provence qui consacre sa Une au débat relancé sur la légalisation du cannabis… Vrai débat ou pétard mouillé ?
Autre question en page intérieure : l’Etat va-t-il se mettre à dealer ?
Oui, pour la bonne cause (encadrer la vente d’herbe légale pour sortir de la néfaste prohibition), répond L’Obs qui lance : Légalisons-le ! Un appel de 50 médecins, experts et élus… parmi lesquels Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann, Benoît Hamon (qui avait annoncé qu’il ne parlerait plus à la presse avant longtemps, mais ça n’empêche pas de signer des pétitions)

Légalisation du canabis thérapeutique

Libération est aussi enthousiaste sur la question…Mais il s’agit là du cannabis thérapeutique, pas récréatif.
Le cannabis thérapeutique dont l’usage est recommandé par le Comité scientifique… Pas de pétards odorants ni de pipes sulfureuses, mais des gélules ou des spray très pharmaceutiques pour apaiser la douleur, écrit Laurent Joffrin.
On a beaucoup parlé de nostalgie… Je me demande si Laurent Joffrin n’exprime pas une forme de nostalgie.

Michel Grossiord

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