La basse russe Ildar Abdrazakov a été nommé par Vladimir Poutine au Conseil Présidentiel pour la culture et l’art. Le chanteur, soutien avéré du président russe, y remplace l’ancien patron du Bolchoï, Vladimir Urin qui dénonce dans la presse la censure imposée par le Kremlin dans le domaine de la musique.
Le Conseil Présidentiel russe pour la culture et l’art est l’instance la plus haute dans ces domaines en Russie. C’est elle, sous la présidence de Vladimir Poutine, qui fixe les grandes orientations de la politique culturelle du pays en lien avec le ministère et les institutions dédiées.
Cette semaine, le président russe a procédé à la mise à jour de cet organe. Si son vice-président, le réalisateur Karen Shakhnazarov, et son secrétaire général Vladimir Medinskyen ont été maintenus à leur poste, l’instance a intégré plusieurs nouveaux membres. Parmi ceux-ci, le chanteur Ildar Abdrazakov, fidèle soutien de Vladimir Poutine. Une proximité qui avait valu à la basse russe de 48 ans plusieurs mises à l’écart de la part de grandes maisons d’opéra occidentales.
Le Bolchoï a perdu son aura mondiale
La nomination d’Ildar Abdrazakov correspond à l’éviction de Vladimir Urin du Conseil. L’ancien directeur du Bolchoï, déjà remplacé à la tête de l’opéra moscovite fin 2023 par Valery Gergiev, était sur la sellette depuis ses prises de position contre l’intervention militaire russe en Ukraine et ses récentes déclarations critiques à propos des pressions exercées dans le monde de la musique par le pouvoir russe.
Dans un entretien au quotidien Rossiskaya Gazeta, Vladimir Urin n’avait pas hésité à dénoncer la censure qu’il a dû subir lorsqu’il dirigeait le théâtre du Bolchoï et reconnaît avoir dû écarter les créateurs de spectacles qui critiquaient publiquement l’intervention russe en Ukraine, à commencer par le metteur en scène Kirill Serebrennikov. Vladimir Urin constate également que les artistes vedettes occidentales sont de plus en plus réticentes à collaborer avec le Bolchoï.
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« Avant que la situation politico-diplomatique ne change, près de la moitié du monde venait au théâtre du Bolchoï. Nous avions de nombreux solistes étrangers invités et d’importantes productions communes. Aujourd’hui, il n’y a que des cas isolés de collègues occidentaux qui acceptent de travailler avec le théâtre. Et ceux-ci demandent même à ne pas rendre leur nom public jusqu’au tout dernier moment », précise Vladimir Urin.
Philippe Gault
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