Poutine soutient Kamala Harris, une perfidie de plus de la part du président russe

Vyacheslav Prokofyev/SPUT/SIPA

Vladimir Poutine vient de déclarer qu’il soutiendra Kamala Harris dans la présidentielle américaine. Donald Trump se prévalait pourtant des meilleures relations avec le président russe. Comment interpréter cette nouvelle tentative de déstabilisation russe ?

En osant affirmer qu’il soutiendra désormais Kamala Harris dans la présidentielle américaine, Vladimir Poutine est en train de battre tous les records de cynisme, y compris les siens. Le président russe a formulé son soutien à Kamala Harris au moyen d’un procédé rhétorique rarement employé et qui relève du baiser du serpent, puisque le président américain Joe Biden a « recommandé à ses électeurs de soutenir Mme Harris, a-t-il déclaré, donc nous la soutiendrons aussi ». Il a aussitôt ajouté : « Deuxièmement, elle a un rire si expressif et contagieux que cela montre qu’elle se porte bien ». De l’ironie fielleuse à la moquerie physique, nul doute que le maître du Kremlin a franchi un nouveau cran.

Dans cette distribution de perfidies, en peu de mots, il y en a pour tout le monde. Les morsures de Poutine s’adressent d’abord à toute l’Amérique, puis aux deux candidats, Harris et Trump. L’Amérique reproche à la Russie de s’être immiscée dans l’élection présidentielle américaine en 2016 et en 2020, Poutine relève le gant et s’immisce plus encore.

Pour Poutine, le renoncement de Biden est risible

L’administration Biden vient juste de décider d’une série de mesures très sévères pour neutraliser les opérations de désinformation russes aux Etats-Unis. En soutenant surprisingly Kamala Harris, Poutine veut se montrer aussi imperturbable qu’intouchable. Ajoutons que, pour Poutine, au pouvoir depuis 24 ans, réélu cinq fois, plébiscité à plus de 87, 29 % en mars 2024, le renoncement à la candidature de Joe Biden apparaît risible.

Quels coups Poutine réserve-t-il à Kamala Harris et à Trump ? L’hilarité attribuée à Kamala Harris est une manière de souligner la légèreté de la personne et le caractère peu crédible de son profil.

Plus subtilement, faire de Kamala Harris la candidate de la Russie oblige cette dernière à se départir de cet adoubement et à durcir le ton vis-à-vis de la Russie, alors que la candidate démocrate a jusqu’ici méthodiquement évité les sujets internationaux – notamment la guerre d’Ukraine – qu’elle juge trop glissants pour elle à ce stade. Il est certain qu’une phrase malvenue de Kamala Harris à Poutine fournirait immédiatement à Donald Trump matière à rebondissement.

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Pour faire bonne mesure, Poutine a piqué Donald Trump au vif en estimant qu’il avait imposé « plus de sanctions à la Russie qu’aucun président » avant lui. Le président russe vise ainsi à obtenir davantage de l’ancien président américain. Sachant que le candidat républicain s’est beaucoup avancé devant l’opinion publique américaine en prétendant stopper la guerre d’Ukraine « en 24 heures », et sachant que le même Trump s’est prévalu publiquement d’une relation très privilégiée avec le dirigeant russe, le maître du Kremlin incite Donald Trump à lâcher encore plus l’Ukraine pour retrouver les bonnes grâces de Poutine. Tout cela ressemble à du billard à plusieurs bandes, mais une chose est sûre : le président russe n’a absolument aucun ami américain.

Christian Makarian

 

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