Trêve à Gaza : « Joe Biden, puisqu’il n’est pas candidat, a plus de marges de manoeuvres » selon l’historien Vincent Lemire

CNP/NEWSCOM/SIPA

Le président américain a signifié au Premier ministre israélien Benjamin Netayahu « l’urgence » de finaliser un accord sur un cessez-le-feu et une libération des otages dans la Bande de Gaza. Les Etats-Unis, au même titre que l’Egypte et le Qatar, sont médiateurs dans ces négociations, et le nouveau statut de Joe Biden, qui a renoncé à être candidat à sa réélection, pourrait être un atout, selon l’invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi, l’historien Vincent Lemire, professeur à l’Université Gustave-Eiffel.

Ce sont les discussions « de la toute dernière chance, le moment où les choses peuvent se retourner »  selon Vincent Lemire.

Le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken a quitté hier le Proche-Orient. Un départ qui inquiète fortement la presse israélienne, rapporte l’historien, qui cite cette formule-choc : « pendant sa tournée régionale, Blinken a surtout servi de bouclier humain ». Le journal Haaretz s’interroge en effet sur la volonté américaine de retarder la riposte de l’Iran et du Hezbollah, pour qu’elle ne parasite pas la Convention démocrate, qui se déroule en ce moment à Chicago. L’objectif, selon le quotidien israélien : faire durer cette pause 24 heures de plus « pour que ça ne gêne pas le discours d’investiture de Kamala Harris », détaille l’invité de la matinale.

Un double discours de Netanyahou

Une théorie que l’historien ne reprend pas à son compte, mais il donne des éléments de contexte : « cette visite a été reportée, de 24h puis de 48h, parce qu’il était très inquiet pour sa propre sécurité. On avait l’impression que la riposte iranienne et du Hezbollah libanais allait être vraiment imminente ». 

La rencontre entre l’officiel américain et le Premier ministre israélien a ensuite tourné au jeu de poker menteur, explique Vincent Lemire, pointant un double discours de Benjamin Netanyahou « selon qu’il s’exprime en anglais avec Blinken, ou en hébreu vis-à-vis de son opinion publique ». Personne ne veut en réalité « être désigné comme responsable de l’échec » de ces négociations.

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Car l’échec semble déjà acté. Mais il reste peut-être une carte à jouer, selon Vincent Lemire : « Je pense que Biden, puisqu’il n’est pas candidat, a peut-être des marges de manoeuvres qu’il n’avait pas il y a encore quelque semaines ». 

Béatrice Mouedine

 

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