Le grand rendez-vous des démocrates américains s’est achevé hier dans une ambiance enthousiaste. Tim Walz, le colistier de Kamala Harris a même emporté la foule au point qu’on parle de lui comme d’une révélation. Quel sera son rôle pendant la campagne ?
Il reste encore 76 jours avant l’élection présidentielle, et pourtant il semble bien que quelque chose d’important se soit passé. La machine démocrate qui était en panne semble avoir redémarré, cette fois en trombe ; depuis le retrait de Joe Biden, Kamala Harris semble accomplir un sans-faute. Bien sûr, on a assisté au déploiement des grands moyens lors de cette Convention de Chicago : Bill Clinton et son humour, l’étreinte entre Barack Obama et son épouse Michelle, et même le petit-fils de Jimmy Carter, lequel fêtera ses 100 ans le 1er octobre prochain. Tout cela n’est pas encore un programme, mais c’est un élan. Et quelqu’un y a fortement contribué.
Le sexagénaire Tim Walz, un homme du Middle West, a été choisi à la surprise générale pour occuper le rôle-clé de vice-président en cas de victoire. Il a surtout pour fonction de ramener à Kamala Harris l’électorat de certains Etats clés. Tim Walz coche toutes les cases de façon assez stupéfiante. Il est l’atypique, le modéré du « ticket » démocrate venu corriger les allures intello-californiennes de Kamala, il incarne le modéré qui balaye les clichés par son éclectisme, il est l’entraîneur de football qui sait aussi donner un coup de main pour les travaux agricoles.
Un chasseur salué par la puissante NRA
Membre du parti démocrate-paysan-ouvrier du Minnesota – c’est ainsi que se nomme la branche locale du parti – il a été enseignant (comme l’est aussi son épouse), mais aussi membre actif de la Garde nationale ; élu puis réélu cinq fois à la Chambre des représentants au titre d’un district rural, il a été salué par la puissante NRA (National Rifle Association), le lobby des armes, qui n’est pourtant vraiment pas tendre avec les démocrates, car Tim Walz est chasseur.
Il semble taillé pour s’inscrire dans la longue lignée des colisitiers qui ont apporté un appui décisif au leader. Rappelons que, dans l’histoire américaine, neuf vice-présidents ont accédé en cours de mandat à la Maison-Blanche ; quatre vice-présidents sortants ont été élus dans la foulée comme président ; et deux vice-présidents ont dû attendre quelques années après leur mandat pour conquérir la Maison-Blanche (Richard Nixon et… Joe Biden).
Attention aux déconvenues
Le rôle exécutif du vice-président n’est pas clairement énoncé dans la Constitution, sauf qu’il est placé en tête de la liste de succession présidentielle, en cas de décès ou de destitution, et qu’il est d’autorité le président du Sénat sachant qu’il ne peut voter qu’en cas d’égalité des voix pour éviter le blocage de la Chambre haute. La personnalité du vice-président est donc décisive.
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Ce qui introduit un bémol, toutefois. En 2016, Hillary Clinton avait choisi comme colistier un certain Tim Kaine – vous avez le droit d’avoir oublié son nom. Or Tim Kaine ressemble d’assez près, y compris physiquement, à Tim Walz. Attention aux déconvenues, telles qu’elles existent chez les démocrates. Le plus dur reste donc à faire, mais, on peut dire que la campagne présidentielle américaine peut enfin commencer.
Christian Makarian
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