Après cent jours à la tête de l’Argentine, le bilan du président libertarien Javier Milei est mitigé, mais un nouvel élan économique semble se dessiner. Sera-t-il suffisant pour ouvrir une nouvelle ère ?
Javier Milei n’a pas perdu de temps et il a tracé son sillon. L’homme exubérant qui suit une ligne ultra libérale en promettant des miracles semble au moins parvenir à ce que l’Argentine cesse de s’enfoncer. L’objectif du « déficit zéro budgétaire » a été respecté en janvier. On note même un léger excédent budgétaire en janvier 2024, dans un pays qui n’avait pas connu d’équilibre budgétaire depuis 2012.
C’est le fruit de la contraction des dépenses publiques, qui font l’objet de coupes drastiques. Un véritable équarrissage, avec – 38 % pour les retraites et les pensions, – 28 % dans les dépenses de personnels de la fonction publique, – 23 % pour ce qui est des différents dispositifs d’aides sociales et – 77 % au titre des subventions à l’énergie.
Les coupes budgétaires affectent les plus défavorisés
Cela affecte inévitablement les couches sociales les plus défavorisées. Le pouvoir d’achat s’effondre tandis que le taux de pauvreté s’envole. Mais, là encore, Javier Milei paraît paradoxalement tenir ses promesses : dans son discours d’investiture, il avait annoncé une récession imminente. Il n’a qu’une parole : de fait, le FMI prévoit une chute du PIB de 2,8% en 2024.
Mais il y a une logique économique derrière cette cure générale d’amaigrissement. Pendant des années, les déficits publics massifs ont incité la Banque Centrale à augmenter la masse monétaire en compensation, ce qui a entraîné à son tour une inflation record de 254 % sur un an et la dépréciation de la monnaie nationale, le peso. Pour casser cette spirale, remettre les pendules à l’heure et favoriser les exportations, Milei a décidé de dévaluer le peso de plus de 50 %. Ce qui fait peser la menace d’une crise bancaire, mais faut-il incriminer Milei de la situation catastrophique dont il a hérité ?
Milei s’attaque aussi aux dossiers sociétaux
On peut plutôt voir dans l’itinéraire du nouveau président, élu avec 56 % des voix, un peuple dépité à la recherche d’une rupture politique. L’homme qui possède cinq chiens identiques, cinq clones de son mastiff décédé avec qui il dit communiquer par télépathie, a tout pour paraître inquiétant. Mais le FMI, qui ne fait guère dans la psychanalyse, salue « la rapidité et la détermination » du nouveau pouvoir argentin et reporte de deux mois la révision de son prêt de 44 milliards afin de donner du temps aux réformes. C’est un signe de confiance.
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Milei ne s’arrêtera pas à l‘économie. Il s’attaque aussi aux dossiers sociétaux. Il vient d’interdire le langage inclusif en usage dans les forces armées et le voici à présent en guerre contre le « marxisme culturel », avec la volonté de mettre un point d’arrêt aux dislocations d’une société qui a perdu le nord. On n’a pas fini d’entendre parler de Javier Milei.
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