Alors que la guerre au Soudan continue de faire rage, le sort des enfants et des jeunes hommes enrôlés de force par les milices inquiète les organisations de défense des droits humains.
Lors de la guerre civile au Soudan du Sud voisin, entre 2013 et 2018, environ 19 000 enfants ont été emmenés de force par des groupes armés. Aujourd’hui encore, 5 ans après la fin du conflit, des cas d’enfants soldats sont toujours signalés. Début septembre, une grande conférence nationale s’est tenue pour prévenir ce phénomène, avec ce message : « les enfants ne commencent pas les guerres, et ils ne les terminent pas non plus ».
Allan a été enlevé à l’âge de 8 ans pour devenir soldat. Il a aujourd’hui 20 ans. C’est un jeune homme accroché à son portable comme tant d’autres, mais il a passé son enfance, dans un camp, une arme à la main.
« Le fusil était plus grand que moi, je pouvais à peine le porter. Pour les missions, les plus grands partaient devant, c’est eux qui attaquaient et tuaient. Après, ils nous faisaient regarder, pour nous montrer où il fallait tirer, ils nous forçaient à toucher. Une fois ils m’ont forcé à tirer. J’ai fermé les yeux. »
Les enfants restent des cibles privilégiées pour les groupes armés
Au bout de trois ans, Allan réussit à s’échapper et rejoint le GREDO, une organisation locale soutenue par l’UNICEF qui aide les jeunes à sortir de cette violence. Rhoda Ayuen s’occupe de leur réinsertion : « Nous leur laissons du temps pour instaurer une relation de confiance, avec de la méditation, du sport, des activités apaisantes pour surmonter les traumatismes. Quand le jeune commence à se reconstruire, nous l’orientons vers une formation professionnelle, afin qu’il puisse subvenir à ses besoins ».
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Aujourd’hui, alors que le pays traverse une crise économique sans précédent, le centre intensifie ses efforts de prévention, car les enfants restent des cibles privilégiées pour les groupes armés.
Julie Droin
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