Au Soudan du Sud, les élections présidentielles prévues pour la fin de l’année ont été reportées par le gouvernement à 2026. Ce scrutin devait marquer la fin de la période de transition politique après la guerre civile de 2013-2018. Un mauvais signal dans un pays où les tensions entre ethnies restent fortes et les stigmates de la guerre très présents. Dans la région de Malakal dans le nord est du pays, le camp de déplacés érigé il y a plus de 10 ans reste sous protection des casques bleus, nuit et jour.
Plus de 40 000 hommes, femmes et enfants, vivent entassés dans des abris faits de tôles et de toiles, sur des sols boueux à la moindre pluies. Les regards sont fatigués, les suicides nombreux, mais Marie le confie, le contexte général ne lui permet pas de vivre ailleurs. « Je me suis réfugiée ici à cause de la guerre. J’aimerais retrouver mon village, mais je risquerais ma vie, il y a trop d’insécurité ».
Si les casques bleus venaient à partir, il y aurait un vrai risque pour ces populations soutient Edmund Yakani, l’un des leader de la société civile sud-soudanaise. Et ce qu’il se passe dans cette région est symptomatique d’une crise nationale.
Le gouvernement s’accroche au pouvoir
« Malakal est un territoire qui a produit 15 chefs de guerre. Aujourd’hui encore, cela reste une zone en proie à des conflits territoriaux qui empêchent tout retour à la paix. Ce problème ne pourra pas être résolu sans une prise de position forte de nos dirigeants politiques sur la gouvernance des terres. C’est toute la complexité de la situation au Soudan du Sud. Et nous redoutons qu’à la moindre étincelle, le pays ne replonge dans une violence encore plus meurtrière qu’en 2013. C’est pourquoi la transition politique est primordiale », résume-t-il
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Pour l’heure, déplore le défenseur des droits humains, le gouvernement d’union nationale s’accroche au pouvoir, estimant que le pays n’est pas encore prêt pour des élections, sans pour autant lui donner les moyens de s’y préparer.
Julie Droin
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