Guerre en Ukraine : « Donald Trump compte beaucoup sur son charisme et raisonne toujours en homme d’affaires » souligne Anne Toulouse

Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Donald Trump et Vladimir Poutine doivent se retrouver, ce soir, à Anchorage, en Alaska, pour un sommet sur la guerre en Ukraine. Une rencontre, que beaucoup espèrent comme cruciale dans le règlement de ce conflit, mais qui se tiendra sans le président ukrainien et sans représentants européens. Invitée de la matinale, Anne Toulouse, journaliste et essayiste franco-américaine, remet en perspective le profil du président américain.

« C’est exactement ce que Poutine souhaite : pas de sommet avec Zelensky », observe Anne Toulouse, autrice de « L’art de « trumper » ou comment la Politique de Donald Trump a contaminé le monde », publié aux Editions du Rocher. L’absence des deux principaux acteurs occidentaux du conflit suscite des critiques, mais la spécialiste n’est pas surprise : « lors son premier mandat, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont bien entendus ». Mais elle apporte une nuance : « vous avez deux hommes face à face qui sont très différents. Il y en a un qui est imprévisible, et l’autre impénétrable. Il ne faut pas oublier que Poutine est un pur produit du KGB, formé à la manipulation et à la désinformation. En face, vous avez Donald Trump qui compte beaucoup sur son charisme et qui raisonne toujours en homme d’affaires. »

Le président des Etats-Unis avait promis de « régler le problème de l’Ukraine dans les 24 heures. » Des propos qui s’avèrent être une « hyperbole véridique » puisqu’« il voulait dire rapidement, mais cela fait six mois… », selon Anne Toulouse. Cette promesse s’inscrit dans une quête de reconnaissance internationale, avec, en toile de fond, un objectif : le prix Nobel de la paix. « Le Nobel serait le joyau de la couronne mais, Nobel ou pas, il veut le respect », insiste la spécialiste.

Donald Trump, un président incompris ?

Un respect qu’il poursuit depuis ses débuts dans l’immobilier. « Donald Trump a toujours eu une revanche à prendre. Depuis le début de sa vie, depuis qu’il s’est lancé dans l’immobilier, il a toujours été regardé de haut comme une sorte de bouffon, quelqu’un qu’on ne prenait pas au sérieux. Tout ce qu’il a fait, c’était toujours pour prouver qu’il était le plus grand, le plus fort. […] Et, contrairement à ce qu’on dit, il n’est ni bête, ni fou », souligne la journaliste.

 

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A l’échelle nationale, sa marque de fabrique est assumée : « il est très bon pour diagnostiquer les problèmes, mais il répond au marteau piqueur » pour faire référence à l’intervention de la garde nationale à Washington. Anne Toulouse rappelle cependant certaines réussites comme les accords d’Abraham au Proche-Orient, qu’elle considère comme « une avancée considérable ».

 

Daphnée Cataldo

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