De nouveaux pour parlers vont avoir lieu en Turquie, mercredi 23 juillet, annonce Volodymyr Zelensky. Cette annonce intervient après une nouvelle nuit de frappes de drones et de missiles russes sur l’Ukraine. Invitée de la matinale, Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie, explique pourquoi ces nouvelles négociations ne mettront pas fin à la guerre en Ukraine.
C’est dans une de ses allocutions quotidiennes sur les réseaux sociaux que Volodymyr Zelensky a annoncé : « J’ai discuté avec Roustem Oumerov, le secrétaire du Conseil de la sécurité ukrainienne, de la préparation d’un échange et d’une nouvelle réunion. »
Mais pour Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie, la perspective d’une résolution rapide du conflit reste peu probable : « Je ne pense pas que ça mette fin à la guerre, d’ailleurs ce n’est pas du tout l’objectif de ces pourparlers. » Même si la Russie n’a pas confirmé sa présence, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimait déjà ce lundi qu’il faudrait « beaucoup de travail pour obtenir des avancées compte tenu des propositions de paix diamétralement opposées » des deux pays.
Sylvie Bermann souligne l’importance pour l’Ukraine de jouer ses bonnes cartes lors des négociations : « ce n’est pas inutile que les adversaires se parlent. C’est peut-être des questions humanitaires, libération de prisonniers, d’échange de corps, mais peut-être également la question des enfants ukrainiens qui ont été déportés en Russie. »
Des sanctions qui n’effraient pas la Russie
Dans la nuit de dimanche à lundi, des frappes de drones et de missiles russes sur l’Ukraine ont fait au moins un mort et neuf blessés à Kiev. Face à l’offensive russe, l’Union Européenne a adopté une nouvelle série de sanctions.
Mais d’après l’ancienne ambassadrice de France en Russie, ces sanctions n’ont pas d’effets : « C’est déjà le 18ème train de sanctions, ce qui prouve que pour le moment, ça n’a pas vraiment d’effets car il n’est pas vraiment intéressé par l’économie et il l’a démontré tout au long de ses 25 ans de mandat. Là, il a une guerre qui pour lui est existentielle en Ukraine et c’est sa priorité absolue. »
Selon Sylvie Bermann, l’Europe souffre d’un manque de coordination avec les mesures américaines : « Le problème des sanctions européennes, c’est qu’elles ne sont pas liées à des sanctions américaines. Il est nécessaire que ces sanctions deviennent véritablement internationales et universelles. Sinon, elles vont continuer d’être détournées. »
La société russe soutient Vladimir Poutine
Selon des sondages nationaux de Russian Field, la population russe serait de plus en plus favorable à la guerre. En 2022, 57 % y étaient favorables et 35 % étaient contre. En 2024, ces chiffres ont évolué à 70 % pour et 20 % contre.
Sylvie Bermann explique : « Avant 2022, il y a eu une grande militarisation de la société russe. Dans tous les lycées, il y avait un musée de la Seconde Guerre mondiale, donc les esprits étaient préparés. Même s’il y a eu des opposants, on constate que les plus jeunes et les plus de 50 ans vont plus avoir tendance à suivre leur « guide » car ils ne veulent pas perdre la guerre. »
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L’ancienne ambassadrice de France en Russie révèle également une certaine corruption des maires : « Au moment de la crise avec l’Afghanistan, j’habitais en Russie. Ce que j’ai découvert, c’est que les maires, les seuls qui avaient encore une mince possibilité de se révolter, recevaient des sommes importantes pour rester du côté de Vladimir Poutine. »
Alessandra Wyak
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