À Gaza, entre les bombes et la faim, il y a un exutoire : la musique. Le siège gazaoui du conservatoire national palestinien Edward-Saïd a été détruit mais ses activités perdurent grâce à la passion de ses membres. Voici le récit d’une vie musicale qui se maintient malgré les épreuves.
Lorsqu’il se déplace dans les ruines de Gaza, Saleh, 16 ans, cache son oud – un instrument à cordes pincées typique des pays arabes – dans un sac de farine, pour éviter les regards curieux. Elève au Conservatoire Edward-Saïd depuis ses 9 ans, Saleh rêve de faire le tour de monde en tant que musicien professionnel.
Avec la guerre, il avait mis son oud de côté. Depuis quelques mois, il s’est remis à jouer pour les enfants des camps de réfugiés. « En tenant mon oud, j’ai senti la vie revenir en moi. Parce que la musique est la nourriture de l’âme. Quand j’en parle, j’ai envie de pleurer. C’est un sentiment indescriptible. Depuis que j’ai repris mon instrument tant aimé, ça me rappelle les beaux jours que j’ai vécu avant la guerre. Cette vie a disparu. On nous l’a arrachée. » explique-t-il.
Atténuer la tristesse grâce à la musique
Pour continuer à apprendre, certains élèves du conservatoire ont suivi leur professeur de musique d’un camp de réfugiés à l’autre. Ahmad Abu Amsha en accueille désormais plus d’une centaine près sa tente : « Il n’y a pas assez d’instruments, alors je trouve des guitares cassées et je les répare. Et avec du plastique on fabrique des « ney », ce sont des sortes de flûtes. On n’a pas de papier ou de tableau pour leur apprendre les notes : les enfants apprennent à l’oreille.
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Beaucoup d’entre eux ont du talent. Parfois, je vois à travers leurs yeux qu’ils ont faim… Beaucoup d’enfants sont traumatisés. Avec ces classes, on les soigne : On fait de notre mieux pour atténuer la tristesse dans leurs cœurs : quand on joue et chante ensemble, on oublie la guerre. »
Laurie-Anne Toulemont
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