Une nouvelle frappe israélienne a touché la bande de Gaza dans la nuit du 10 août, faisant plusieurs victimes, dont cinq journalistes d’Al Jazeera. Parmi eux, Anas Al-Sharif, 28 ans, figure familière pour les téléspectateurs de la chaîne. Israël affirme l’avoir visé, le considérant comme un « terroriste » qui se faisait passer pour un reporter. Invité de la matinale, Frédéric Encel, politologue et spécialiste du Moyen-Orient, analyse la situation et les potentielles conséquences.
Anas Al-Sharif, Mohammed Qreiqeh, Ibrahim Zaher, Mohammed Noufal et Moamen Aliwa s’ajoutent à la liste des 200 journalistes tués à Gaza et répertoriés par Reporters Sans Frontières, depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Ayant pour objectif d’« éradiquer » le Hamas, Benjamin Netanyahu se trouve dans une « pensée magique » selon Frédéric Encel. « Ce n’est pas juste un groupe terroriste ou un groupe armé, c’est aussi un mouvement social, religieux et politique… On ne peut pas détruire cela uniquement avec des armes. C’est pour cela que je dis qu’on est, et même plus qu’avant, dans une sorte de « pensée magique » », estime le politologue.
Benjamin Netanyahu se retrouve ainsi confronté à ses propres contradictions. S’il a la réputation de « n’en faire qu’à sa tête », comme le souligne l’invité, il est également dépendant de sa coalition, dominée par deux partis d’extrême droite : « Ben Gvir et Smotrich ont déjà menacé de quitter la coalition si Netanyahou n’allait pas jusqu’au bout de cette « éradication » du Hamas ».
Un avenir incertain pour le gouvernement israélien
Cette frappe est intervenue quelques heures après la prise de parole de Benjamin Netanyahu qui répondait aux critiques sur les nouvelles mesures gouvernementales. Il a réaffirmé que l’objectif n’était pas d’occuper Gaza, mais de démilitariser l’enclave une fois le Hamas « éradiqué », estimant qu’il s’agit du « meilleur moyen de terminer la guerre ». Une stratégie amplement contestée sur la scène internationale puisque l’ONU a programmé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.
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En Israël, la majorité de l’opinion publique désapprouve ces mesures. « Toutes les enquêtes d’opinion indiquent que, si demain des élections anticipées avaient lieu, en aucun cas cette coalition ne pourrait revenir au pouvoir », précise Frédéric Encel. Les familles des otages, elles, appellent à une grève générale, à partir du 17 août, pour contester le plan du gouvernement. Et quid d’une rébellion au sein de l’armée ? Pour le spécialiste, cela reste peu probable, bien qu’une démission du chef d’Etat-major soit envisageable. « La population est très loyale vis-à-vis de ses Premiers ministres, même si elle conspue allégrement. […] Netanyahou va conformément aux lois constitutionnelles israéliennes, donc il dirige le pays par la volonté démocratique du peuple ».
Daphnée Cataldo
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