La mobilisation pour Gaza provoque une crise interne au sein du prestigieux Royal Ballet et Opera House de Londres

Efren Landaos/Sipa USA/SIPA

Depuis la mi-juillet la direction du Royal Ballet and Opera House (RBO) est confrontée à une mobilisation d’une partie de son personnel en faveur de la population palestinienne bombardée à Gaza. Mis en cause, le PDG et le directeur de l’institution londonienne ont tenu à répondre à leurs détracteurs.

Tout a commencé le 19 juillet avec un incident survenu lors de la dernière représentation à Covent Garden du Trouvère de Giuseppe Verdi. Ce soir-là, pendant les rappels, un danseur avait saisi et déployé devant lui un drapeau aux couleurs palestiniennes avant que le directeur du RBO, Oliver Mears, ne tente, en vain, de le lui arracher.

Quelques jours plus tard, 182 membres du personnel de l’institution londonienne dénonçaient, dans une lettre ouverte, l’absence de condamnation par la compagnie du « génocide » subi par la population palestinienne à Gaza et l’attitude d’Oliver Mears lors de l’incident de Covent Garden. Une prise de position qui a conduit la direction du RBO à annuler son projet de co-production de Tosca de Giacomo Puccini avec l’Opéra national israélien en 2026.

Oliver Mears : « Il est possible de prendre des positions politiques mais pas sous cette forme »

Ce début de crise interne a conduit Sir Alex Beard, le PDG du Royal Ballet and Opera House à publier un message dans lequel il a déclaré : « Je suis consterné par la crise à Gaza et je reconnais l’impact émotionnel profond qu’elle a eu sur notre communauté et la société dans son ensemble ».

À propos de l’annulation de la co-production avec l’Opéra national israélien, le dirigeant a précisé, dans un courrier adressé aux partenaires et mécènes du RBO, que cette décision n’était pas « une déclaration politique contre Israël, mais une décision pragmatique prise dans des circonstances difficiles ».

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Trois semaines plus tard c’est Oliver Mears, mis en cause par les contestataires, qui a tenu à se justifier. Dans un mail interne, le directeur du RBO, indique qu’il avait agi ainsi parce qu’il ne pouvait « tolérer un tel précédent d’une protestation publique et individuelle pendant un spectacle », et ajoute « tout comme j’ai été dégoûté par les atrocités du 7 octobre, je suis écœuré par les images et les reportages qui nous parviennent de Gaza (…) En même temps, je crois qu’il est possible de prendre des positions politiques, mais le faire lors d’un rappel n’est pas le bon moment pour ce genre de protestation politique personnelle et impromptue ».

Philippe Gault

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