La scène du Royal Ballet and Opera s’est transformée en tribune politique samedi dernier, à la fin d’une représentation du Trouvère, l’opéra de Verdi. Un des danseurs de la prestigieuse troupe a agité un drapeau palestinien, provoquant un certain émoi en coulisses et dans la salle londonienne.
Le Royal Ballet and Opera proposait depuis le 8 juillet à Covent Garden Le Trouvère dans la mise en scène d’Adèle Thomas, lorsqu’un incident est venu perturber l’ultime représentation de l’opéra de Giuseppe Verdi samedi sur la scène de la célèbre institution londonienne. Incident qui s’est produit lors des rappels alors que la troupe saluait le public.
— Syd Cassimaty (@sydcas) July 20, 2025
Un des danseurs de la troupe, déguisé en diable, a alors saisi et déployé devant lui un drapeau aux couleurs palestiniennes. Oliver Mears, le directeur du Royal Ballet and Opera, est rapidement intervenu depuis les coulisses pour tenter, en vain, de lui arracher l’objet du scandale. Dans la salle les réactions ont été mitigées, entre huées, sifflets et applaudissements.
Le perturbateur se définit comme « artiste de danse queer »
Selon le quotidien The Telegraph, le perturbateur se nomme Daniel Perry et avait été engagé juste pour la dernière représentation du Trouvère samedi. Formé dans une très prestigieuse école du spectacle de Londres et danseur professionnel depuis 2013, le jeune homme se définit comme « artiste de danse queer ». Une semaine avant l’incident à Covent Garden, Daniel Perry avait publié sur Instagram, une photo de lui portant un tee-shirt blanc sur lequel était inscrite la mention « Free Palestine », alors qu’il assistait à la 1500e représentation de la comédie musicale Cabaret au Playhouse Theatre.
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Dans un communiqué, la direction du Royal Ballet and Opera, dont le roi Charles III est le parrain, a tenu à préciser que cette action était « spontanée et non autorisée et n’était pas conforme à l’engagement de l’institution en matière d’impartialité politique ». On se rappelle pourtant qu’en 2022 le Royal Opera House (son ancien nom) avait publiquement affiché son soutien à l’Ukraine et même écarté le maestro russe Pavel Sorokin, chef invité permanent du Royal Ballet à l’époque.
Philippe Gault
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