Supercherie ou véritable don ? L’étrange talent de l’homme-radar qui prédisait l’arrivée des navires sous Louis XVI

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Les possibilités offertes par les radars ont-elles été totalement inaccessibles à l’homme avant le 20ème siècle ? Pas si sûr. La France de Louis XVI aurait eu, de ce point de vue, un siècle et demi d’avance. 

En 1780, la guerre d’indépendance américaine contre les Britanniques fait rage outre-Atlantique. Dans ce conflit à l’autre bout du monde, soutenu par la France, le contrôle des mers joue un rôle absolument important. Les escadres anglaises donnent beaucoup de fil à retordre aux officiers français.

C’est dans ce contexte que le secrétaire d’Etat à la Marine, le maréchal de Castries, reçoit un courrier du Vicomte de Souillac, gouverneur de l’Île de France, qu’on appelle aujourd’hui l’Île Maurice. Cette missive assez étrange l’informe du don époustouflant que possèderait un homme posté sur ce petit territoire de l’Océan Indien, Etienne Bottineau.

Une technique mystérieuse et incertaine

Si l’on en croit la lettre, cet inconnu serait capable de détecter l’approche des navires à l’avance. Il pourrait même les annoncer plusieurs jours avant qu’on ne puisse les deviner sur la ligne bleue de l’horizon. Les officiers du ministère, qui sont extrêmement alléchés par l’exploitation possible d’une telle capacité, ont envie d’y croire. Cela mérite en tout cas au moins d’être vérifié.

Une enquête est menée. Etienne Bottineau est un homme banal, la quarantaine insignifiante. Il a découvert son aptitude à l’âge de 20 ans, à l’époque où il était encore affecté en métropole à un poste subalterne. Sa technique, si mystérieuse d’ailleurs, a longtemps été très incertaine. Il observait l’horizon et croyait dur comme fer à l’arrivée d’un bateau. Mais il arrivait qu’aucun mât n’apparaisse à l’horizon.

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Tout a changé après son arrivée sur l’Île de France. Il y est mandaté en 1760 pour conduire, aux côtés d’autres, des travaux portuaires. Il le raconte : « Disposant de nombreux loisirs, je pus reprendre mes observations. J’y jouissais de plus grands avantages. Tout d’abord, la clarté du ciel et la pureté de l’atmosphère étaient favorables à mes études. Et comme il venait moins de vaisseau dans l’île, j’étais moins exposé aux erreurs que sur la côte de France où passent continuellement des bateaux dont certains peuvent ne jamais paraître à la vue. Au bout de 6 mois, je fus convaincu de la réalité de ma découverte »

Franck Ferrand vous raconte le destin malheureux de « l’homme radar », Etienne Bottineau :

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