Bal mortel à l’opéra, le roi de Suède est attaqué : découvrez l’histoire vraie qui a inspiré Verdi

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Verdi ne s’y est pas trompé : il y a, dans les circonstances de la disparition du roi de Suède, Gustave III, la matière d’un opéra – au moins…

Le roi de Suède Gustave III, autrefois souverain éclairé et qui a peu à peu durci son régime, aime se mettre en représentation. En ce soir de mars 1792, il prépare un grand bal masqué à l’opéra de Stockholm, qu’il a lui même fondé. Alors que la Révolution fait rage en France, il développe un attrait pour l’absolutisme et refuse de partager le pouvoir, ce qui lui attire des ennemis, au même titre que la petite forme économique de la Suède d’alors.

Dans ce contexte tendu, il reçoit une lettre juste avant la grande soirée. Rédigée en français, car c’est la langue que l’on parle à la cour de Suède, elle dit ceci : « Il y a des personnes qui ne respirent que la haine et la vengeance contre vous, au point même de vouloir vous assassiner. Différez ce bal jusqu’à des temps plus convenables. Cet avis vous a été présenté par un homme d’honneur qui n’est rien de moins qu’un courtisan bien loin d’approuver toutes les fausses démarches que vous avez faites ». Ses proches le supplient de ne pas se montrer au bal, ou au moins de porter une cotte de maille. Le souverain refuse.

« Bonjour, beau masque »

La fête bat son plein. La musique, entraînante, résonne à travers l’immense volume de l’édifice et emporte les danseurs dans des pas cadencés. Les visages des centaines de convives sont couverts, évidemment figés dans leur expression de façade. Chacun se cache derrière le mystère de son déguisement, et voilà que le roi Gustave paraît avec son manteau sombre et son grand chapeau noir bordé de gris. Il porte un masque blanc.

Son identité est évidente car il porte les insignes de la royauté. Le Comte de Horn se présente devant lui et, tout en faisant un geste aimable, lance d’une voix forte : « Bonjour, beau masque ». C’est alors que soudain, derrière Gustave, un danseur masqué brandit une arme à feu sous un tissu. Il parvient à placer le canon tout contre le bas du dos du souverain et le coup part, partiellement couvert par l’agitation qui règne autour.

Des balles et des clous rouillés

Certains remarquent avec ébahissement le souverain qui retire d’un coup brusque son masque et lance dans une expression lugubre : « je suis blessé, arrêtez-le ». Un des aides de camp du roi a la présence d’esprit de donner l’ordre de fermer toutes les issues et d’en interdire la sortie. Le lieutenant général de police fait démasquer tout le monde et procède immédiatement à des interrogatoires.

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Le roi Gustave est transporté, très sérieusement blessé.  Il a reçu divers projectiles dans le dos, des tronçons de balles et de vieux clous rouillés dont le meurtrier avait volontairement chargé cette arme jusqu’à la gueule pour faire le plus grand dégât possible. Le roi saigne beaucoup et la septicémie est à redouter avec tous ces éclats rouillés. Malgré tout, Gustave reste vaillant et ne va pas tarder à réfléchir au possible coupable.

Pierre-Louis Lensel

Franck Ferrand vous raconte l’agonie du roi de Suède et la découverte de son assassin :

 

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