Massacre d’Oradour-sur-Glane : Comment s’est déroulé le procès des SS auteurs de la tuerie ?

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Quatre mois après le massacre d’Oradour-sur-Glane, le GPRF ordonne une enquête. Le procès s’ouvrira neuf ans plus tard…

Montauban, le 8 juin 1944. Dans le QG de la deuxième Panzerdivision SS Das Reich, le général Lammerding, commandant de la division, reçoit un ordre écrit :

« Le haut état-major de la Wehrmacht a exprimé le vœu qu’il soit procédé avec une plus extrême dureté et sans indulgence lors de la grande opération contre les bandes dans le sud de la France. Le foyer de troubles permanents dans ce territoire doit être définitivement éteint. Les mesures les plus sévères doivent être prises pour effrayer les habitants de ces régions auxquelles on doit définitivement faire passer l’envie d’accueillir les groupes de résistance. »

L’ordre convient bien au général Lammerding. Partisan de la terreur, son obsession est d’éteindre partout la rébellion. Mais il reçoit le lendemain un contrordre de l’état-major : la deuxième Panzerdivision SS doit se préparer à faire route vers la Normandie, quarante-huit heures après le début du débarquement allié sur les plages normandes.

Assassinés par balles et par le feu

Lammerding est pressé par le temps, mais il ordonne malgré tout deux opérations. En premier lieu, la pendaison collective, le jour-même à Tulle, de 120 habitants. Et le lendemain, il ordonne au SS Sturmbahnführer Adolf Diekman d’incendier et d’exterminer le village d’Oradour-sur-Glane.

C’est au milieu de l’après-midi, le 10 juin 1944, que 120 SS de la division Das Reich, accompagnés d’agents de la Gestapo mais aussi de miliciens français, vient cerner le petit village d’Oradour à 20 km de Limoges.

Ils bloquent les routes et les chemins d’accès puis rassemblent tous les hommes du village dans plusieurs granges et toutes les femmes et les enfants des écoles dans l’église. Ils mitraillent ensuite les captifs puis jettent dans les granges et dans l’église des grenades incendiaires qui provoquent un immense brasier. Les soldats tirent sur ceux qui essaient de s’enfuir des flammes. En fin d’après-midi, ils finissent par se retirer, laissant quelques barrages et imposant un couvre-feu.

643 morts dont 250 enfants

Ils reviennent le lendemain pour incinérer tout ce qui peut l’être et ensevelir des corps. Il faut attendre encore un jour pour que le sous-préfet puisse dresser un premier constat et faire venir des secours. Le village, qui comptait 85 maisons, n’est plus qu’un spectacle de ruines et sa population toute entière, y compris les femmes et les enfants, a été massacrée par les troupes allemandes.

Le recensement des victimes va prendre des mois. 643 morts dont 250 enfants seront finalement comptabilisés. Cinq hommes ont survécu aux granges, une seule femme à l’incendie de l’église et une trentaine de villageois n’ont pas pu être pris.

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Peu après la Libération, en septembre, le parquet de Limoges lance une enquête. Dans un rapport publié en décembre, il est établi que le massacre d’Oradour est considéré comme un crime de guerre. Les auteurs comparaîtront devant un tribunal militaire.

Franck Ferrand vous raconte le procès :

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