Le Saint-Suaire de Turin, découvrez l’histoire de la plus célèbre relique de la chrétienté

Hussein Malla/AP/SIPA

Jamais la plus célèbre relique de la chrétienté n’avait fait l’objet de débats aussi violents entre les tenants de son authenticité et ceux qui ne voient en elle qu’un faux patenté.

25 mai 1898 à Turin. A l’occasion du 400ème anniversaire de la cathédrale Saint Jean-Baptiste, on organise une grande exposition d’art sacré. Inaugurée par le roi Humbert 1er, elle doit durer huit jours et parmi les objets présentés au public se trouve le Saint-Suaire, qui repose dans la cathédrale depuis près de trois siècles.

Drap de lin de couleur ivoire, la tradition veut qu’il ait enveloppé le corps de Jésus au moment de sa mise au tombeau. L’étoffe fait exactement quatre mètre quarante de long sur un mètre dix de large. Elle est tachée de sang et porte les stigmates d’un homme qui a été flagellé et torturé.

Secondo Pia prend deux clichés

Le 28 mai, des milliers de pèlerins ont déjà pu admirer la célèbre relique. Le responsable de la sécurité a bien du mal à contrôler le flot de visiteurs qui défile devant le Saint-Suaire. Dans la soirée, après la fermeture des portes de la cathédrale, un homme en costume trois pièces entre dans la chapelle déserte avec son encombrant matériel photographique. Il s’agit du photographe officiel de l’exposition, Secondo Pia.

Il prend son temps pour installer les lampes à incandescence alimentées par un générateur électrique. A 23 heures, le photographe parvient à prendre un premier cliché, au terme d’une pose de quatorze minutes, puis un deuxième après une pose de vingt minutes.

Un visage apparaît

Rentré chez lui, dans la chambre noire de sa propre maison, il plonge les plaques dans le bac de développement. A la lueur de la lampe rouge, il voit apparaitre en négatif les traits d’un visage aux yeux fermés, tuméfié et couronné d’épines, avec une barbe et des cheveux mi-longs. Secondo Pia est littéralement pétrifié. Ce qu’il a sous les yeux, il en est absolument convaincu, est le visage du Christ tel qu’on peut le voir dans un nombre incalculable de représentations.

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Le lendemain, la plaque est installée dans une pièce de l’exposition et éclairée par derrière. Le public, stupéfait, se presse pour voir ce qu’on ne voit pas à la lumière du jour.

Franck Ferrand vous raconte la suite de la vie de la relique :

 

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