Il y a cent ans, lorsqu’on voulait citer un exemple de grâce, charnelle comme spirituelle et se donner l’air dans le vent, il suffisait de parler d’Isadora Duncan.
Californienne d’origine, née en 1877 à San Francisco dans une famille qui prônait la non-violence et l’amour libre, Isadora Duncan est mise très tôt à la danse par sa mère pianiste. Très jeune, elle donne des cours de danse avant de partir pour l’Europe.
Après son arrivée en France en 1900, elle commence sa carrière dans les salons de la capitale. C’est dans une grande demeure du 100 boulevard Malesherbes qu’elle fait ses premiers pas parisiens, accompagnée au piano par Maurice Ravel. La jeune danseuse introduit une nouvelle façon de danser dans une Europe où, jusqu’alors, la danse avait été extrêmement codifiée. Elle a de cette discipline une vision très particulière et cherche à travers elle à faire revivre les danses antiques.
Les pieds nus et des fleurs dans les cheveux
Isadora ne se produit pas en tutu et chaussons de danse comme les autres danseuses de son époque mais va pieds et jambes nues, sans corset, soie, plumes, ni sandales. Dans une simple tunique inspirée de la Grèce antique et couronnée de fleurs, elle danse d’une façon très libre qui fascine son public et jure avec les injonctions faites aux femmes dans le Paris de l’époque, qui enferment les femmes dans des corsets serrés.
Cette liberté fait son succès et lui permet de réussir rapidement son entrée sur la scène parisienne. Elle devient l’amie d’importants artistes parisiens avant de partir se produire en Allemagne puis en Autriche-Hongrie.
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En 1902, elle est emmenée par sa mère en Grèce, pour se produire dans de nombreux sites du pays. Elle y danse notamment devant le Parthénon, accompagnée d’un chœur de garçons fortement dénudés, ce qui donne lieu une grande controverse à Vienne et à Munich. Car c’est aussi ainsi que se développera la notoriété européenne d’Isadora Duncan : par le scandale.
Franck Ferrand vous raconte l’existence de cette précurseuse de la danse moderne :
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