Bessie Coleman fait partie des personnalités qui ont marqué l’histoire de l’aviation aux Etats-Unis. Première femme afro-américaine autorisée à piloter un avion, elle a dû survoler de nombreux obstacles pour réaliser son rêve.
En septembre 1922, dans l’Etat de New York, le ciel est clair. Au sol, des milliers de personnes se sont rassemblées au pied d’une piste d’aviation. Les spectateurs ont le visage levé vers le ciel et fixent avec une certaine anxiété un Curtiss, petit avion de chasse qui vole au-dessus d’eux. Celui-ci s’élève dans les airs avant de redescendre à pic d’un seul coup jusqu’à frôler le sol. La foule en a le souffle coupé. In extremis, l’appareil reprend de l’altitude sous un tonnerre d’applaudissements.
Des battements de tambour accompagnent une nouvelle ascension vertigineuse, avant une nouvelle chute à pic haletante. L’orchestre est déchaîné et le public aux anges. Bientôt, l’hymne national retentit alors que l’avion enchaîne les figures, toutes plus époustouflantes les unes que les autres. Finalement, l’appareil vient tranquillement s’immobiliser sur la piste. On ouvre le cockpit, d’où sort une petite femme à la peau noire et au regard rieur. Elle porte un uniforme élégant composé d’un casque et d’une veste en cuir. Il s’agit de Bessie Coleman.
« Donner un peu de couleur au ciel »
Bessie a toutes les raisons d’être radieuse, car elle vient de terminer son tout premier vol en public aux Etats-Unis, pays où elle est née trente ans plus tôt. Et si l’on observe autant de fierté sur son visage, c’est parce qu’elle est la toute première femme noire au monde à avoir décroché son brevet de pilote. Pour y parvenir, elle a dû parcourir un chemin semé d’embûches et relever d’innombrables défis.

Simple fille de cueilleurs de coton du Texas, Bessie Coleman s’était promis dès l’enfance, d’après ses propres mots, de « donner un peu de couleur au ciel ». Elle est la dixième d’une fratrie de treize enfants. Sa famille est installée à Atlanta, où elle naît en janvier 1892, d’une noire et d’un père métis venant d’une famille choctaw.
Bessie part pour la France
Tous deux travaillent aux champs pour faire vivre la grande famille, dans un contexte où la ségrégation raciale, héritage direct de la société esclavagiste, a été instituée dans les Etats du Sud. Le racisme est le quotidien dans tous le sud des Etats-Unis, marqué par des lynchages fréquents. C’est dans cette atmosphère tendue que grandit la future aviatrice.
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Très tôt, elle semble se révolter contre cette fatalité. Elle essaie de s’inscrire à l’université, avant d’entamer une carrière de manucure à Chicago. Mais en novembre 1920, c’est à bord du paquebot SS Imperator en partance pour Cherbourg qu’elle embarque pour partir réaliser son rêve. Elle vient suivre des cours d’aviation en France, où les écoles sont ouvertes à tous.
Franck Ferrand vous raconte sa vie passionnante et sa mort brutale lors de la préparation d’un spectacle aérien :
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