De tous les navigateurs sportifs dont la France est prodigue, Eric Tabarly reste non seulement le plus doué, mais aussi le plus inventif.
En 1964, Eric Tabarly, jeune navigateur français inconnu du grand public embarque depuis Plymouth à bord de son voilier le Pen Duick II pour la Transat anglaise, la première course à la voile en solitaire, reliant l’Europe à l’Amérique du Nord.
Considérée comme insensée car elle exige des pilotes d’aller à l’encontre des vents, la course attire malgré tout plusieurs pilotes qui se lancent à l’aventure. Parmi eux, le tenant du titre de la dernière transatlantique, Francis Chichester, qui avait passé 40 jours en mer et ambitionne cette fois de passer sous la barre des 30 jours.
Après un beau départ malgré un vent très fort, Tabarly perd son pilote automatique à cause d’une panne au bout d’une semaine. Obligé de barrer pendant des heures interminables, il décide de poursuivre sa traversée, conscient qu’il ne pourra pas prétendre à la victoire car il n’a pas les instruments nécessaires.
Eric Tabarly arrive après seulement 27 jours
N’obtenant pas de nouvelles de lui par radio, les organisateurs de la course sont inquiets en Angleterre. Le journal britannique Daily Telegraph titre même « Where is Tabarly ? ». Malgré les conditions éprouvantes de sa navigation, il crée la surprise en arrivant le premier sur la côte étasunienne après un peu plus de 27 jours de traversée.
Cet exploit sur la Transat anglaise connaîtra un grand retentissement en France. Il contribuera à faire découvrir la course au large aux Français et provoquera un engouement autour de ce sport voué à s’installer durablement.
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Au-delà des nombreux titres que Tabarly remporta tout au long de sa vie, il fut un véritable ambassadeur de la mer et de la Marine et a marqué ce milieu de nombreuses manières.
Franck Ferrand vous raconte les exploits en mer de ce prodige de la navigation :
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