Il y a 350 ans, en avril 1674, Louis XIV signait l’édit de fondation de l’Institut royal – devenu national – des Invalides.
C‘est un peu la cour d’honneur de la République et pas une semaine ne passe sans que l’on y voie un grand hommage. Sous le regard d’un Napoléon de bronze, et à deux pas du tombeau de l’empereur qui se trouve sous la coupole vertigineuse dessinée par Jules Hardouin-Mansart, auront été honorées cet automne et cet hiver des personnalités aussi différentes et prestigieuses les unes que les autres.
Parmi elles, le général Georgelin, ancien chancelier de la Légion d’honneur qui avait été chargé de la reconstruction de Notre-Dame, Hélène Carrère-d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, Jacques Delors ou encore Robert Badinter. On aura aussi célébré la mémoire des victimes françaises des attaques terroristes du 7 octobre en Israël avant de saluer, très récemment, l’amiral Philippe de Gaulle.
Un édit signé en 1674
Il existe un autre anniversaire qu’il conviendrait de fêter dignement : les 350 ans de la fondation des Invalides par Louis XIV. C’est en avril 1674 qu’a été signé l’édit d’établissement de l’Hôtel royal des Invalides, à l’apogée du règne de Louis XIV.
Roi combattant et conquérant, il est en train d’imposer la domination militaire française sur l’ensemble de l’Europe. Lui qui a bénéficié d’une formation militaire précoce assurée par Mazarin a également pour Maréchal des Armées le célèbre Turenne, qui a entrepris une profonde réorganisation des forces armées. Au tournant de la décennie 1670, une forme de rationalisation des institutions est à l’œuvre dans l’ensemble de la France.
Les conquêtes royales ont le goût du sang
Les glorieuses conquêtes de Louis XIV ont le goût du sang, comme toutes les opérations militaires à toutes les époques, et nombreux sont les estropiés qui, revenus des champs de bataille, laissent dans leur sillage une impression de sacrifice. Ils laissent aussi une impression d’absurdité aux yeux de la population.
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Il faut donc, pour Louis XIV, trouver un moyen d’aider les personnes ayant souffert sous ses ordres et de leur dire sa gratitude pour leur bravoure sur le champ de bataille. D’où l’idée, en un temps où les institutions poussent partout comme des charmes, de dédier l’une d’elles aux blessés de guerre.
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