Boris Godounov et la sombre énigme du tsarévitch Dimitri : l’enfant égorgé « par accident » a-t-il survécu ?

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Le fils d’Ivan le Terrible est mort mystérieusement en 1591, permettant à Boris Godounov d’arriver au pouvoir. Soupçonné d’avoir assassiné le tsarévitch Dimitri, il voit arriver quelques années plus tard le prétendant légitime au trône.

Au début de cette histoire, il y a les obscurs événements du printemps 1591. Nous sommes à Ouglitch, une ville située au bord de la Volga, à plusieurs jours de cheval, au nord de Moscou. C’est là que vit le Tsarévitch Dimitri. C’est un petit prince âgé de 8 ans, au joli visage enfantin. C’est le frère du peu brillant tsar Feodor Ier. Ce sont les fils d’Ivan le Terrible, mort sept ans plus tôt après un règne dont le moins que l’on puisse dire est qu’il a été agité.

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Si Dimitri grandit si loin de Moscou, c’est parce qu’un homme trouble l’a éloigné de la capitale. Il s’agit de Boris Godounov, le vrai maître de la Russie. Sa réputation est entachée : une partie de la noblesse le tient pour une sorte d’arriviste, un personnage odieux. Il est vrai que cet homme plutôt petit, mais qui porte beau, qui a une certaine allure et beaucoup de charisme a réussi à gravir un à un tous les échelons qui l’ont approché du pouvoir. Avec adresse, il a su placer le tsar Fédor, que sa sœur a d’ailleurs épousé sous son emprise. Et puisque la famille de la veuve d’Ivan le Terrible exècre Boris, il a fait déménager tout ce petit monde, l’ancienne tsarine et le jeune Dimitri à Ouglitch.

Au milieu des jeux d’enfants, un cri d’effroi

Il est clair qu’une menace pèse sur cet enfant. Parce que si le jeune Dimitri venait à disparaître, ce serait pour Boris un obstacle de moins dans sa marche vers un pouvoir sans partage. Or, le 15 mai 1591, le quotidien des exilés d’Ouglitch est brusquement troublé. Ce jour-là, le tsarévitch est censé s’amuser avec d’autres enfants. On entend soudain des cris glaçants. Quelque chose de grave vient d’arriver.

On découvre Dimitri plein de sang, la gorge béante, sans vie. Sa mère est complètement bouleversée, elle blêmit devant le cadavre du petit garçon et beaucoup de colère se mêle à son désespoir : pas de doute, il s’agit d’un assassinat commandité par Boris Godounov. Une enquête est menée et sa conclusion est pour le moins déroutante. Dimitri avait un poignard à la main pour jouer, et aurait eu une crise d’épilepsie. Etant incapable de contrôler ses gestes, il aurait attenté à sa vie. Il se serait lui-même ouvert la gorge. Vous avouerez que c’est une hypothèse extrêmement étrange.

Un jeune homme arrive de Pologne et affirme être Dimitri

Cet accident éclaircit l’avenir de Godounov. Quand le tsar Feodor finit par mourir sept ans plus tard, en 1598, son beau-frère touche au sommet de ce qui a été la plus invraisemblable ascension de l’histoire de la Russie. A présent, il est le tsar, et Boris peut savourer sa victoire. Il va pouvoir gouverner comme il l’a toujours entendu, avec pas mal d’habileté, il faut le dire, et aussi beaucoup de rudesse. Il écarte un à un ses ennemis, du moins jusqu’à un jour froid d’hiver.

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Fin 1603, une rumeur se diffuse un petit peu partout depuis la Pologne. On dit qu’un homme d’une vingtaine d’années est en train de clamer qu’il est le tsarévitch Dimitri en chair et en os, qu’il n’est pas mort, qu’il n’a pas été égorgé. Si ce que dit ce jeune homme est exact, cela ferait de lui le tsar légitime.

Franck Ferrand vous raconte la suite…

 

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