Photovoltaïque : Production record d’énergie solaire en Europe cet été

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Cet été en Europe, la production de photovoltaïque a bondi de 9 à 12,2%. L’énergie solaire est une alternative pour se passer du gaz russe et remplacer les réacteurs nucléaires arrêtés, mais parmi les pays européens, la France fait office de mauvais élève.

La part du photovoltaïque dans le bouquet électrique ne représente que 7,7% en France contre 19% en Allemagne

Entre mai et août, nos panneaux solaires ont fonctionné à plein régime. C’est ce que révèle une étude du think-tank Ember : par rapport à l’été 2021, la part du photovoltaïque dans la production électrique européenne est passée de 9 à 12,2%. Elle a même devancé l’éolien et l’hydroélectrique, qui représentent environ 11% de la production. « En France, on est monté parfois à plus de 10 gigawatts en journée, ce qui a rendu service au réseau. Le solaire a permis d’atténuer le problème des réacteurs nucléaires arrêtés et la flambée des prix du gaz », explique Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting. Effectivement, l’Union Européenne a économisé 29 milliards d’euros cet été. A l’heure où Vladimir Poutine menace de couper complètement l’approvisionnement en gaz, c’est 20 milliards de mètres cubes de gaz que l’Europe n’a pas eu besoin d’acheter. Une économie permise par un été exceptionnel en terme d’ensoleillement mais aussi grâce à la généralisation du photovoltaïque. « Le parc solaire croît avec beaucoup de rapidité en Europe », pointe Jean-Louis Bal, dirigeant du Syndicat des Energies Renouvelables (SER).

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« Mais en France, on traîne des pieds », complète-t-il. Plus portée sur le nucléaire, la France fait figure de mauvaise élève : le photovoltaïque n’a représenté cet été que 7,7% de son bouquet électrique, trois fois moins qu’aux Pays-Bas. 19% de la production allemande provient du photovoltaïque et 17% en Espagne. La bureaucratie est responsable de cette lenteur selon Daniel Bour, le président d’Enerplan, syndicat des professionnels du solaire : « pour construire une centrale en Italie, entre le choix du terrain et la construction, il faut 2 ans. En France, il en faudrait 4 ».

La France doit certes rattraper son retard dans l’énergie solaire, mais sans sacrifier la biodiversité, alertent les ONG et les syndicats

Mais dans le secteur, on sent que les choses bougent : après beaucoup de stop and go politique, les professionnels du photovoltaïque placent beaucoup d’espoirs dans le projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables. Ils ont négocié tout l’été avec le gouvernement et veulent aller plus loin, notamment sur l’installation de panneaux solaires chez les particuliers. « On est très en retard par rapport à tous les pays européens. Par exemple, l’Espagne a pris des mesures radicales en visant 2 gigawatts par an d’autoconsommation. En France, on est entre 100 et 150 mégawatts par an », poursuit Daniel Bour. La France doit certes rattraper son retard, mais sans sacrifier la biodiversité, alertent les ONG et syndicats. Réunis en Conseil national de la transition écologique, ils ont rendu jeudi dernier un avis critique sur le projet de loi. Le rapport souligne notamment le risque d’artificialisation des sols avec le déploiement massif de panneaux solaires. Le gouvernement promet de tenir compte de ces remarques, avant que le projet de loi ne soit déposé dans deux semaines en Conseil des ministres.

Laurie-Anne Toulemont

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