Pesticides : Des parcelles bios contaminées dans le nord-ouest de la France

Dans le nord-ouest de la France, des parcelles bio ont été contaminées par un pesticide très volatile. La coopérative touchée a retrouvé sur certaines récoltes des niveaux de pesticides dépassant 100 fois les limites autorisées.

Le prosulfocarbe, pesticide très volatile, se disperse sur plusieurs centaines de mètres après son épandage

Parmi les agriculteurs touchés, Josué Diesny, installé dans l’Orne, ne s’attendait pas à un tel résultat lorsque ses récoltes de sarrasin de l’automne dernier ont été analysées : « notre récolte a été détruite, elle avait quatre fois la dose de pesticides pour être considérée comme consommable (…) en chiffre cela représente 6.000€ de récoltes en plus des frais de culture, ce qui fait une perte d’à peu près 10.000€ ».

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Des traces de prosulfocarbe ont été retrouvées, un herbicide très utilisé en France, notamment par des producteurs de céréales ou de pommes de terres. Le problème de ce pesticide est qu’il est très volatile, et la substance utilisée sur un champ de blé voisin aurait donc atterri dans celui de Josué Diesny. Il ne devrait malheureusement pas être indemnisé par son assurance, car il est impossible de retrouver l’origine précise de la contamination et le produit en question est bel et bien autorisé.

 

100.00 de pertes sont à déplorer pour les agriculteurs et la coopérative Biocer

Quand on parle de volatilité, cela veut dire que le produit, après son épandage, est émis sous forme gazeuse vers l’atmosphère, ce qui lui permet de se déplacer sur plusieurs centaines de mètres. Josué Diesny est loin d’être un cas isolé, et sur les 22 agriculteurs bio qui fournissent en sarrasin la coopérative Biocer, 14 ont retrouvé des traces de pesticides dépassant la limite maximale de résidus autorisés.

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Résultat : une perte de 100.000 euros au total pour les agriculteurs et la coopérative. Quelle est l’ampleur de ces contaminations de parcelles bio ? Difficile à quantifier, notamment parce que les agriculteurs bio qui sont touchés n’osent pas souvent le révéler. Josué Diesny a lui décidé de ne plus faire de sarrasin, mais de produire des céréales qui se récolent avec l’automne pour éviter la période d’épandage du prosulfocarbe. La FNAB, elle, demande aux pouvoirs publics de mettre en place un fonds d’indemnisation pour les agriculteurs touchés par ces cas de contamination.

Baptiste Gaborit

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