Violences policières : Pretty Yende, soprano sud-africaine, affirme avoir été brutalisée à Paris lors d’un contrôle à l’aéroport

©Elena Anacher

La soprano Pretty Yende, qui se produit en ce moment à Paris au Théâtre des Champs-Élysées dans la Somnambule de Bellini, dans une mise en scène de Rolando Villazon, affirme sur son compte Facebook avoir été victime d’un contrôle de police brutal à l’aéroport Charles-de-Gaulle, ce lundi 21 juin 21.

Pretty Yende : « Les policiers m’ont regardée comme si j’étais une criminelle »

« Les violences policières sont réelles pour quelqu’un qui me ressemble », explique Pretty Yende dans un message publié ce matin sur son compte Facebook intitulé « YESTERDAY IN PARIS » (Hier à Paris). Avant de décrire ce contrôle policier, la soprano parle de ses « frères et sœurs torturés, et ces affaires terribles en une des journaux », un peu plus d’un an après la mort de George Floyd, cet afro-américain décédé lors de son arrestation par la police le 25 mai 2020. Pretty Yende va jusqu’à se dire « tremblante à l’idée d’être sortie vivante de cette situation », sans pour autant expliquer ce qui a donné lieu à ce contrôle policier à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

 

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« Choquée et traumatisée », elle assure que les policiers ont confisqué « toutes ses affaires, y compris son téléphone portable » et lui ont demandé d’écrire sur un papier les numéros de ses proches. « Ils m’ont regardée comme si j’étais une criminelle », poursuit Pretty Yende, et auraient employé un ton « cassant et condescendant » pour lui dire qu’elle ne pourrait pas récupérer son téléphone. La soprano, qui chantera ce soir sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées, aurait été conduite dans une cellule située dans le terminal 2B de l’aéroport, une pièce « froide, sans lumière ».

 

Pretty Yende avait présenté un passeport sud-africain sans visa

Elle décrit ensuite la dizaine d’officiers de police qu’elle entendait « discuter et rire », alors qu’elle était envahie de « pensées négatives » et qu’elle craignait pour sa vie. A la fin de son témoignage, Pretty Yende ne donne aucun détail sur la manière dont la situation s’est ensuite débloquée, puisqu’elle sera bien sur scène ce soir au TCE. Ce message, qui se termine par #theshowmustgoon, a suscité des centaines de réactions de soutien, auxquelles la chanteuse sud-africaine a répondu par la suite, précisant « aimer la France » et « les nombreuses belles expériences » qu’elle y a vécu tout en maintenant avoir été « interrogée brutalement».

 

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Une version désormais contestée par une source policière contactée par l’Agence France Presse, qui assure qu’il n’y « pas eu d’incident », et a précisé que la chanteuse lyrique avait présenté un passeport sud-africain sans visa. Pretty Yende, placée dans une « salle de maintien », est repartie une heure et demie plus tard avec un visa de régularisation. Il s’agissait, selon une source aéroportuaire, de « vérifications d’usage », et ajoute que la soprano n’a pas été ciblée pour sa couleur de peau.

Béatrice Mouedine

 

 

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