Accusations de racisme : Chloé Lopes Gomes obtient gain de cause face au Staatsballett de Berlin

La danseuse française du Staatsballett de Berlin, Chloé Lopes Gomes, qui accusait la prestigieuse compagnie de racisme, va voir son contrat prolongé d’un an et recevoir une compensation financière, ont annoncé les deux parties. Initialement, la ballerine devait quitter la compagnie en juin, son contrat n’ayant pas été renouvelé par la direction.

Chloé Lopes Gomes a engagé une lutte contre les discriminations dans le ballet classique

Chloé Lopes Gomes, 29 ans, première danseuse noire à intégrer le Staatsballett de Berlin en 2018, avait déposé un recours en justice, assurant avoir été victime de propos racistes de la part d’une maîtresse de ballet depuis son arrivée au sein de la plus grande compagnie d’Allemagne. Elle avait notamment affirmé que sa supérieure voulait lui imposer de se maquiller en blanc.

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Son contrat « va être renouvelé pour une saison supplémentaire et s’achèvera à la fin de la saison 2021/2022″, a indiqué le Staatsballett dans un communiqué au lendemain d’un accord à l’amiable conclu devant un tribunal de Berlin. La danseuse va également recevoir une compensation financière de 16 000 euros. « C’est une petite victoire mais c’est déjà un grand pas pour le monde du ballet », s’est-elle réjoui. « Je pense que cela va provoquer un énorme changement », a-t-elle ajouté, rappelant qu’elle a engagé une lutte contre les discriminations dans le ballet classique où l’immense majorité des danseurs sont blancs.

Le Staatsballett a mis en place une cellule de parole et d’enquête interne

De son côté, la directrice par intérim du Staatsballett, Christiane Theobald, a indiqué que le litige avec la danseuse était « un appel au réveil » et que la compagnie appliquait « une politique de tolérance zéro à l’égard du racisme et de toute forme de discrimination ». Le Staatsballett a entamé « une transformation structurelle », a-t-elle ajouté dans un communiqué, notamment avec la mise sur pied d’une cellule de parole et d’enquête interne.

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En début d’année, l’ancienne danseuse de l’Opéra de Nice et du Béjart Ballet de Lausanne avait raconté avoir été la proie d’un « harcèlement » de la part d’une maîtresse de ballet. En distribuant aux danseuses un voile blanc pour une scène, sa supérieure lui avait lâché en rigolant: « je refuse de te le donner parce que ce voile est blanc et toi tu es noire », avait-elle notamment expliqué. 

Philippe Gault (avec AFP)

 

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