Lors d’un discours aux Nations Unies, le 22 septembre, Donald Trump a affirmé que le changement climatique était la « plus grosse arnaque jamais menée contre le monde ». Pourtant, avec les canicules à répétition, les incendies ravageurs ou encore les inondations dévastatrices, il ne s’agit plus d’une menace abstraite. Le changement climatique vient perturber tout notre quotidien. Invité de la matinale, Nathanaël Wallenhorst, docteur en sciences de l’environnement et de l’éducation, et auteur de 2049. Ce que le climat va faire de l’Europe, appelle à réveiller notre conscience collective et individuelle.
« Le sol se dérobe sous nos pieds. […] Et vous n’avez encore rien vu », indique Nathanaël Wallenhorst en abordant des études scientifiques. Si nos sens nous donnent l’illusion de stabilité, les travaux des climatologues, biologistes ou géophysiciens mettent en lumière des dynamiques profondes, non linéaires, dont les effets sont sans commune mesure. « C’est ça le risque, et c’est ce qui fait peur », insiste-t-il.
Dans son ouvrage 2049. Ce que le climat va faire à l’Europe, il développe la notion de « tipping point », ces points de bascule où un petit changement déclenche un phénomène irréversible. L’image du ballon de baudruche illustre bien ce danger : « quand on le gonfle, le volume augmente de façon proportionnelle avec l’air qu’on injecte […] jusqu’à ce qu’un millilitre d’air en plus génère une explosion, le ballon qui se déchiquette et il n’y a plus de retour en arrière possible. » Le chercheur reconnaît les peurs de chacun, parfois traduites en déni, comme dans certains discours politiques dont celui de Donald Trump par exemple. Mais pour lui, il n’y a pas d’alternative possible : « Le réel est glauque et rude, mais être dans le réel est la condition de l’action. Si on ne regarde pas le réel jusqu’au bout, toutes nos actions seront inefficientes. »
Les canicules, les problèmes de santé, les pénuries et les migrations se multiplient
Nathanaël Wallenhorst dresse un bilan sans détour des conséquences déjà visibles : « 50 000 personnes décèdent tous les ans en Europe sous l’effet des vagues caniculaires. Ensuite, il y a la question de la faim qui fait son retour, la question de la pénurie, puis les migrations, la guerre, l’altération de la santé avec un développement des cancers, des maladies cardiovasculaires, des maladies vectorielles, les perturbations endocriniennes, les zoonoses, les mutations des maladies, l’élargissement du périmètre de maladies, de nouveaux virus qui arrivent, etc. Jusqu’à possiblement faire quelque chose de l’ordre du chaos. »
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Pour autant, l’invité de David Abiker refuse le fatalisme : « je fais partie cette grande famille des éducateurs, et je n’ai à ma disposition que deux éléments : les savoirs et la problématisation […]. Donc ce que je peux faire, c’est accompagner des personnes. » Et malgré la gravité de son constat, il conclut sur une note d’espérance : « la vie vaut le coup d’être vécue et nous devons permettre à nos enfants de vivre sur une Terre qui puisse les accueillir. »
Daphnée Cataldo
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