« Les incendies s’étendent désormais avant et après l’été, et le risque concerne toute la France » alerte Christophe Chantepy

Marc Asensio Clupes/ZUMA/SIPA

Dans l’Aude, un incendie d’une ampleur exceptionnelle a ravagé plus de 16 000 hectares. S’il est désormais maitrisé, il n’est pas encore éteint. La nouvelle vague de chaleur qui frappe la France inquiète pompiers et habitants, redoutant une réactivation des flammes. Invité de la matinale, Christophe Chantepy, expert en Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI) pour l’Office National des Forêts (ONF), analyse ce phénomène qui s’installe dans la durée.

« Toutes les caractéristiques de ce feu dépassent les normes habituelles des feux de forêt plus classiques […]. En moins de 24 heures, il avait parcouru déjà plus de 10 000 hectares », souligne Christophe Chantepy. Les épisodes caniculaires du mois de juin, les sécheresses répétées des dernières années et un air de plus en plus sec créent un terrain favorable aux départs de feu. Le vent aggrave la situation en transportant « des particules incandescentes de végétation, comme des petites brindilles de bois, des écorces détachées, ou des feuilles, qui partent dans la colonne de fumée et retombent enflammées à l’avant du feu, quelques dizaines ou centaines de mètres, voire un kilomètre plus loin. Et là, ce n’est plus un feu qui marche, c’est un feu qui galope », explique l’expert.

Pour limiter ces catastrophes, la prévention reste essentielle : informer, sensibiliser et surveiller les comportements à risque. Christophe Chantepy rappelle quelques règles simples : ne pas faire de barbecue, éviter de fumer en forêt et reporter certains travaux puisqu’en faire « avec une meuleuse, avec une disqueuse, avec une débroussailleuse pourrait générer des étincelles, et à côté d’une végétation sèche, c’est un risque de départ de feu ».

 

Une menace qui devient une norme

La nature est forte comme l’indique l’expert : « Après un incendie, la végétation peut prendre du temps mais va revenir. On a un type de végétation forestière dans le sud de la France qui est plutôt adapté au risque de feu de forêt, notamment au passage du feu. C’est le cas avec le pin d’Alep par exemple ». Quant aux équipes en charge de la prévention et de la maîtrise des feux de forêt, elles sont performantes : « 95 % des feux de forêt sont arrêtés avant de faire une taille de 4 ou 5 hectares. On a une efficacité aujourd’hui, en France, sur l’intervention des feux naissants qui permet de cantonner bon nombre de feux dans des surfaces qui sont réduites ».

 

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Mais la tendance est claire : la saison des incendies ne se limite plus à l’été. « On a un risque feu de forêt qui s’intensifie dans le sud de la France, et remonte sur toute la façade atlantique jusqu’en Bretagne, dans le Val-de-Loire et dans le Grand Est. […] On peut s’attendre à ce que l’ensemble du territoire français soit concerné, à des degrés différents, dans les prochaines années », prévient Christophe Chantepy.

 

Daphnée Cataldo

 

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