Environnement : Le respect de la biodiversité s’impose aux entreprises

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Comment continuer à produire sans détruire la nature ? Un sommet européen virtuel consacré aux entreprises et à la biodiversité a lieu ce mardi 30 novembre et mercredi 1er décembre. Après le climat, c’est l’impact nature des entreprises qui est en train de s’imposer.

Congrès Mondial pour la Nature : 20 grandes entreprises françaises, dont LVMH ou Pernod Ricard, qui ont pris des engagements pour la biodiversité

Que ce soit dans le domaine politique ou économique, le sujet de la biodiversité a longtemps été écarté des débats, jugé moins prioritaire que le changement climatique, ce n’est plus le cas. Il ne s’agit plus seulement de parler de compensation des impacts directs des entreprises -lorsqu’on détruit pour construire par exemple-, c’est toute la chaîne de valeur qui est aujourd’hui concernée. Claire Tutenuit, déléguée générale d’Entreprises Pour l’Environnement (EPE) qui coorganise ce sommet pour la France, explique que les entreprises s’interrogent sur leur impact indirect sur l’environnement. « Quand une banque finance un projet, une exploitation ou un commerce, elle peut avoir un impact sur la biodiversité, de même qu’une entreprise qui transforme des produits », insiste-t-elle. Une entreprise a forcément à un moment ou à un autre un impact sur la nature.

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Le WWF réclame des cadres réglementaires

Et une mobilisation semble naître ces dernières années, avec début septembre à Marseille, pour le Congrès Mondial pour la Nature, 20 grandes entreprises françaises, dont LVMH ou Pernod Ricard, qui ont pris des engagements pour la biodiversité. EPE de son côté avait lancé en 2018 l’initiative Act4Nature, réunissant là aussi plusieurs dizaines de grandes entreprises françaises : « ces engagements Act4Nature demandent aux dirigeants du plus haut niveau d’intégrer la biodiversité dans l’ensemble des décisions », poursuit Claire Tutenuit. 13 nouvelles entreprises devraient rejoindre cette initiative à l’occasion de ce sommet organisé avec la commission européenne. Car il faut aussi des cadres réglementaires, c’est ce que demande le WWF et sa directrice générale Véronique Andrieux : « les mesures volontaires restent utiles, mais elles ne suffisent pas, il est nécessaire d’adopter une législation qui soit contraignante pour assurer une transparence, une traçabilité, et un devoir de vigilance sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement des entreprises ». C’est le cas par exemple de la déforestation indirecte des entreprises françaises et européennes. Avec ce texte présenté par la commission européenne pour ne plus accepter de produits, comme le café, le cacao ou le soja, issus de la déforestation en Amazonie ou en Asie du sud-est. Dans une étude publiée en septembre dernier, la Banque de France estimait ainsi que 42% des actifs détenus par les banques françaises dépendent du bon état de la biodiversité.

Baptiste Gaborit

 

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