Politique Agricole Commune : Certains dénoncent du « greenwashing »

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C’est la dernière étape pour la PAC, après des mois de pourparlers, les députés européens doivent se prononcer ce 23 novembre sur la nouvelle Politique Agricole Commune qui s’appliquera à partir de 2023. Une PAC destinée notamment à verdir l’agriculture, l’un des enjeux majeurs de ce texte.

Ces éco-régimes vont représenter 25% des aides directes à partir de 2023

Avec le système des éco-régimes qui permet de conditionner une partie des aides directes versées aux agriculteurs à des pratiques vertueuses pour l’environnement. Ces éco-régimes vont représenter 25% des aides directes à partir de 2023. Il s’agit de greenwashing selon le paysan et eurodéputé vert Benoit Biteau : « cela veut dire que les ¾ des aides directes continuent d’être distribuées sans aucune condition sur l’usage des pesticides et des engrais de synthèse ». Mais surtout, ce sont les Etats qui dans leurs déclinaisons nationales de la PAC déterminent les conditions pour obtenir ces aides.

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Pour la France, le compte n’y est pas selon Arnaud Gauffier du WWF : « soit les conditions sont bien trop faibles et donc il n’y aura aucun effet d’entraînement des pratiques plus durables soit les conditions sont extrêmement floues sur la Haute valeur environnementale. Le cahier des charges n’est toujours pas complètement défini, on est sur un statu quo ». Le mois dernier, l’autorité environnementale a rendu son avis sur le Plan stratégique national français et elle estime que la trajectoire fixée par ce plan ne permettra pas « de rejoindre celle fixée par la stratégie nationale bas carbone ni celle du plan biodiversité ».

« L’agriculture est un secteur stratégique sur les enjeux du climat et de la biodiversité parce qu’elle capte à elle toute seule, 40% du budget total de l’Union européenne »

C’est la même chose pour les objectifs climatiques européens ajoute Benoit Biteau : « l’agriculture est un secteur stratégique sur les enjeux du climat et de la biodiversité parce qu’elle capte à elle toute seule, 40% du budget total de l’Union européenne. Si on ne prend pas le virage avec cette PAC, on le prendra dans 7 ans et il sera trop tard. Les scientifiques nous disent que l’on a moins de 10 ans pour agir ».

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Au Parlement européen, les autres principaux groupes politiques estiment, eux, qu’un équilibre a été trouvé avec une PAC renforcée, une PAC environnementale. Un avis partagé par le vice-président de la FNSEA, Arnaud Rousseau : « Il y aura des efforts à faire et la question environnementale est centrale en revanche, on s’est toujours battu pour que l’effort demandé soit quelque chose d’atteignable et supportable parce que derrière c’est 25% du soutien et un agriculteur ne peut pas se voir imputer ces 25%. Cela n’est pas viable pour l’activité et on pense qu’aujourd’hui on est arrivé à une forme de consensus qui est atteignable ». Après le vote, la PAC devra recevoir l’aval formel des Etats membres Elle doit entrer en application le 1er janvier 2023.

Baptiste Gaborit

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