Espace : Les débris spatiaux constituent une vraie pollution pour le cosmos

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En début de semaine, la Russie a confirmé avoir pulvérisé avec un missile un de ses vieux satellites générant une pluie de débris. Les astronautes de la Station spatiale internationale ont dû se réfugier dans leur capsule. Ces déchets spatiaux constituent une menace croissante.

Il y a aujourd’hui plus de 30 000 débris de plus de 10 cm dans l’espace

Ces débris, issus de vieux lanceurs d’anciens satellites, se sont fragmentés avec le temps. Pour pouvoir rester en orbite, ces débris vont à une vitesse colossale. Selon Pierre Omaly, ingénieur du CNES, le Centre National d’Etudes Spatiales, spécialiste des déchets spatiaux : « la vitesse dont on parle est d’environ 7 km par seconde. N’importe quel objet qui va à cette vitesse, emporte avec lui une énergie colossale. Même un tout petit objet de quelques cm peut avoir la même énergie qu’une voiture roulant à 130 km/h sur l’autoroute ». Il y a aujourd’hui plus de 30 000 débris de plus de 10 cm et plusieurs centaines de millions d’objets de plus de quelques millimètres dans l’espace. Les satellites actuels sont pilotables, on peut modifier leurs trajectoires pour éviter une collision mais ce n’est pas le cas pour ces débris. « Aujourd’hui il y a plein de débris qui sont issus de la conquête spatiale et qui sont encore là-haut et ce pendant encore des centaines d’années. Ils se croisent sans qu’on ne puisse rien faire. Il faut récupérer ces débris avant qu’ils ne se multiplient » clame Pierre Omaly.

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C’est pour cela que l’Agence spatiale européenne a annoncé l’an dernier une première mission pour aller récupérer un morceau de plus de 110 kilos de la fusée Vega. C’est la start-up suisse ClearSpace qui a été choisie. La mission aura lieu en 2025 avec une dépanneuse spatiale, un robot satellite selon Luc Piguet, PDG de ClearSpace : « un satellite va être placé en orbite par un lanceur puis on va s’approcher petit à petit de l’endroit ou l’on va chercher l’objet. On effectuera la capture en orbite puis on le stabilisera, on le freinera pour le faire passer dans l’atmosphère terrestre à un endroit qui se trouve au-dessus du Pacifique pour éviter les risques de dégâts au sol ». L’objet sera récupéré avec des pinces, le tout à 28 000km/h. Il se consumera au moment de son entrée dans l’atmosphère. L’objectif est de multiplier ensuite les captures. Le sujet est pris très au sérieux. Plusieurs opérateurs spatiaux, dont le CNES, avaient signé la semaine dernière un appel international.

Baptiste Gaborit 

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