Brexit : Annick Girardin envisage un plan de sortie de flotte pour les pêcheurs sans licence

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C’est une annonce qui a fait l’effet d’une bombe, la ministre de la Mer, Annick Girardin, a évoqué hier matin la possibilité d’indemniser les pêcheurs qui n’obtiendront pas de licences post-Brexit. Un plan de sortie de flotte, autrement dit une prime à la casse déclenchant la colère des pêcheurs.

La ministre a assuré qu’il ne s’agissait pas de capituler et que la France ne renoncerait pas à ses licences de pêche

Un fiasco, un renoncement, voilà le sentiment hier des pêcheurs après cette annonce lâchée en ouverture des Assises de la mer organisées hier et aujourd’hui dans le Finistère. « Il nous faut nous préparer à ne pas obtenir tout ce que nous attendions » selon Annick Girardin. Une colère des pêcheurs mais aussi des élus locaux comme c’est le cas de Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne : « c’est bien de prévoir de l’argent parce qu’il y aura peut-être des bateaux à indemniser mais moi je veux des accords, je veux des négociations jusqu’au bout et trouver des solutions pour respecter l’accord de 2020 qui permet à nos pêcheurs, qui pêchaient dans les eaux du Royaume-Uni, de continuer à le faire. C’est la vie de nos ports. Je ne peux pas croire que la France capitule ni me résoudre à un plan de sortie de flotte aujourd’hui ».

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Face au tollé, la ministre a rencontré hier en fin de journée, des représentants de la filière. Pas de capitulation, la France ne renonce pas à ses licences de pêche a assuré la ministre, entre autres à Jean-Luc Hall, directeur général du Comité national des pêches : « en réalité la ministre s’est voulue rassurante en indiquant qu’elle allait poursuivre les efforts pour tenter d’obtenir les licences attendues par les pêcheurs. Simplement elle a souhaité être transparente et indiquer qu’il y aurait de toute façon, un plan d’accompagnement si nécessaire et que ce plan comprendrait un plan de sortie de flotte ». Le plan de sortie de flotte ne doit être qu’un dernier recours mais il est désormais bel et bien envisagé.

Une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros pourrait être mise sur la table

« Pour certains, perdre 30,40, 50% de leur chiffre d’affaires plonge l’entreprise dans des difficultés qui sont insurmontables. L’idée est de pouvoir les faire bénéficier d’un plan de sortie de flotte qui consiste à verser une prime à la déchirure. C’est une prime versée au propriétaire qui met son navire à la casse. Elle peut-être en fonction de l’âge, de la taille et de la puissance du navire » dit Jean-Luc Hall. Une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros pourrait être mise sur la table. Cela correspondrait à une centaine de navires détruits selon un pêcheur breton. Des professionnels normands et bretons devraient se mobiliser dans les prochains jours. Selon Jean-Luc Hall : « ils ont décidé de laisser encore quelques jours aux négociations et ont annoncé qu’ils allaient mener des actions avant la fin du mois. Cela peut-être des actions de blocage, des actions qui pourront faire sentir au Royaume-Uni qu’eux aussi peuvent-être embêtants pour l’activité économique de leur pays ».

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Ne pas lâcher, c’est ce que demande également le président Loïg Chesnais-Girard, sous peine de créer un dangereux précédent : « s’il y a une première reculade sur ce sujet-là, il y en aura d’autres demain. Attention à la faille qui nous fera mal durablement. Il ne faut pas laisser entendre à nos partenaires du Royaume-Uni, que nous serions prêts à battre en retraite et à financer la destruction de nos navires ». Dans ce dossier des licences de pêches post Brexit, 150 licences non accordées par les britanniques sont jugées aujourd’hui prioritaires.

Baptiste Gaborit

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