L’Express se relance aujourd’hui !

L’Express c’est un titre mythique. Un hebdomadaire lancé au début des années 50 par la famille Servan-Schreiber qui était à l’époque propriétaire des Echos et qui voulait un supplément politique pour le week-end.

Alain Weill revendique avoir copié pour L’Express les recettes de The Economist

Avec L’Obs et Le Point, L’Express a été le symbole d’une presse magazine à la française qui a longtemps été incontournable. Mais avec la concurrence d’Internet et des smartphones, la presse magazine en général et L’Express en particulier ont beaucoup souffert et aujourd’hui ils font le pari d’une relance audacieuse. Alain Weill, le nouveau propriétaire qui est l’homme derrière le succès de BFM, le revendique clairement, il a copié les recettes de The Economist. Le nouvel Express s’inspire de cet hebdomadaire anglais qui marche très bien. C’est un journal relativement austère, avec beaucoup de textes, pas beaucoup de photos.

 

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Tous les thèmes sont couverts. A chaque fois l’ambition ce n’est pas tellement d’apporter des scoops, c’est plutôt d’aider à mieux comprendre l’actualité. C’est un journal qui va analyser et l’ambition c’est plus de rendre les lecteurs plus intelligents que de les distraire. Et parce qu’on est aussi à l’heure de la révolution digitale, il y aura des confidentiels diffusés via les réseaux sociaux, des podcasts des articles et des bonus en numérique pour les abonnés. L’ambition c’est d’ailleurs de toucher de plus en plus d’abonnés via les tablettes et les smartphones.

 

L’Express se vend surtout par abonnement

C’est le pari de la dernière chance. L’Express a vu sa diffusion divisée par deux en dix ans. Comme toute la presse magazine d’ailleurs. Aujourd’hui, c’est une diffusion payée d’un peu plus de 200.000 exemplaires par semaine. Il faut déjà enrayer la chute et derrière il va falloir reconquérir. Dans un premier temps, la clef c’est de séduire par la richesse et la pertinence du contenu. L’Express c’est un journal qui à part lors des Unes sur l’immobilier, se vend surtout par abonnement.

 

 

Il faut constituer une base de lecteurs fidèles. Plutôt que d’offrir comme dans le passé un réveil radio, il faut éveiller la curiosité et fidéliser avec des prix attractifs. Si demain, L’Express a une solide base d’abonnés ils pourront augmenter leurs prix pour réinvestir dans le contenu. C’est difficile parce que cette semaine la Une de L’Express est sur Netflix, mais le paradoxe c’est que désormais Netflix est devenu un concurrent pour L’Express. Ça se consulte sur le même écran et ça coute le même prix. Et c’est un redoutable concurrent.

David Barroux

 

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