Le cours du pétrole s’envole, conséquence d’une décision surprise de l’OPEP

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Le cours du pétrole a bondi hier. Cette envolée a été provoquée par une réduction surprise de la production de l’OPEP d’un million de barils par jour. Cette annonce que personne n’avait vu venir est révélatrice du nouvel ordre qui règne sur le marché mondial du pétrole et même un peu au-delà.

 

Les analystes de Goldman Sachs prévoient un prix du pétrole autour de 95 dollars le baril en fin d’année

En décidant manu militari de réduire significativement sa production, l’OPEP envoie deux messages très clairs. Le premier c’est qu’elle entend exercer son pricing power (sa capacité à fixer les prix NDR) sur les cours de l’or noir. Au moment où les prix commençaient à piquer du nez sur fond de menaces de récession dans les pays occidentaux, son intervention revient en fait à fixer un prix plancher au-dessus de 80 dollars. Cela assure à ses membres une stabilité de leurs ressources pétrolières. Et fait, au passage, les affaires de Moscou. Le second message est adressé à Washington. Fini le temps du chaperonnage américain, l’OPEP, Arabie Saoudite en tête, entend exercer seul son pouvoir dans le domaine pétrolier. Ce qui, là encore, est favorable à la Russie dans son bras de fer avec l’Occident.

 

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La décision de l’OPEP n’a pas qu’un impact économique

Dans ces conditions, les analystes de Goldman Sachs prévoient un prix du pétrole autour de 95 dollars le baril en fin d’année. C’est une mauvaise nouvelle pour les consommateurs. Un pétrole plus cher, c’est moins d’activité et plus d’inflation pour les pays importateurs. D’autant qu’avec le redémarrage en cours de l’économie chinoise, la pression sur les cours pourrait encore augmenter dans les prochains mois. De quoi inciter la BCE et la Réserve fédérale américaine à serrer encore un peu plus la vis des taux d’intérêt. Nous n’avions vraiment pas besoin de cela ! Mais cette décision de l’OPEP n’a pas qu’un impact économique. Difficile de ne pas l’inscrire dans la vague d’émancipation de ce qu’il est convenu d’appeler le « Sud global » vis-à-vis du camp occidental. Moins d’un mois après la reprise spectaculaire des relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran sous l’égide la Chine, c’est en tout cas un nouveau camouflet pour Washington et ses alliés.

François Vidal

 

 

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