Le chèque carburant supprimé pour cause d’économies, une décision logique mais pas sans risque

Mathieu Pattier/SIPA

Le plan d’économies de dix milliards d’euros du gouvernement va mettre l’Etat à la diète. Mais certains particuliers vont eux aussi être concernés, notamment les bénéficiaires du chèque carburant.

Ce chèque va être supprimé et c’est une mauvaise surprise pour les automobilistes concernés, alors que le ministre de l’Economie Bruno Le Maire assurait encore hier que « pas un 1 euro ne serait pris dans la poche des Français ». Rappelons d’où vient ce chèque de 100 euros, qui avait été créé à la fin de la ristourne sur les carburants, extrêmement coûteuse pour les finances publiques.

Une aide mieux ciblée donc, versée l’an dernier à plus de 4 millions de foyers aux revenus modestes et qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Les députés avaient même voté son extension à un public un peu plus large pour cette année. Mais Bercy a donné un premier coup de frein en annonçant en décembre que le chèque ne serait versé que si les prix à la pompe remontaient sensiblement, autour de deux euros le litre.

La suppression du chèque représente 600 millions d’euros d’économies pour l’Etat

Et désormais, il n’est plus question de versement du tout. Cela va représenter une économie de 600 millions d’euros pour l’Etat, qui figure dans les 10 milliards du plan, même si le gouvernement ne l’a pas mentionné jusque-là.

Au vu des contraintes budgétaires, on peut néanmoins comprendre l’arrêt de cette politique des chèques. Le gouvernement a raison de le faire, la France n’en a plus les moyens et par ailleurs, l’inflation ralentit nettement. La suppression du chèque carburant est donc logique et vient ainsi compléter l’arrêt des boucliers tarifaires sur le gaz – c’est déjà le cas – et sur l’électricité, pour laquelle une dernière étape est prévue début 2025, après la hausse récente des tarifs de 10%.

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C’est donc un retour à la normale justifié, mais qui n’est pas sans risque politiquement, alors que les prix du pétrole sont remontés ces dernières semaines, à près de 85 dollars le baril, et que certains professionnels, comme les agriculteurs ou les routiers, ont obtenu, eux, le maintien d’une fiscalité allégée.

Etienne Lefebvre

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