En Allemagne, une vague de grèves paralyse les transports

Rabea Gruber/AP/SIPA

Après le Royaume-Uni, l’Allemagne est à son tour touchée par des grèves à répétition. Que se passe-t-il chez nos voisins ?

Depuis le début de la semaine, une vague de grèves touche les bus, métros et aéroports allemands. Elle a concerné 130 régies municipales de transports en tout avant un point d’orgue ce vendredi, marqué par une grande manifestation. Il s’agit de la 4e grève des conducteurs de trains depuis novembre et de la 3e chez les personnels au sol de Lufthansa.

L’an dernier, les syndicats avaient déjà réussi à paralyser les transports pendant 24 heures. La tension est aussi très forte dans le secteur du commerce, où des grèves touchent les grandes enseignes comme Lidl, Ikea ou H&M et où les syndicats recrutent !

Une forte inflation s’est installée depuis deux ans

Comment expliquer une telle évolution dans ce pays adepte du dialogue et de la cogestion dans les entreprises ? D’abord, par la forte inflation qui s’est installée depuis deux ans et a fait grimper les revendications. Le vieillissement, quand à lui, crée des pénuries de main-d’œuvre qui font pencher le rapport de force du côté des syndicats. Il pourrait ainsi manquer près de 90.000 chauffeurs de bus d’ici à 2030. Dans la métallurgie, le dernier bras de fer s’est terminé par une hausse de salaires de 8,5% sur deux ans.

De là à dire que l’Allemagne se rapproche de la culture de la grève à la française, il reste cependant beaucoup de marge. L’écart est encore de 1 à 5 pour le nombre de jours de grève. En Europe, seule la Belgique fait pire que la France.

« Il faut apprendre le français ! »

Outre les différences culturelles, le droit de grève reste également beaucoup plus encadré outre-Rhin, où les conflits se polarisent sur les salaires et pas sur l’âge de la retraite par exemple. Plus de 80% des salariés allemands n’ont ainsi jamais fait grève de leur vie.

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Et connaissez-vous l’expression utilisée par les syndicalistes allemands lorsqu’ils veulent dire qu’il faut être plus combatif face au patronat ? « Il faut apprendre le français ! » Et oui, la France reste encore la référence.

Etienne Lefebvre

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