Après de dernières négociations entre l’Europe et les États-Unis ce jeudi 21 août, les différentes clauses d’application des droits de douane américains entrent en vigueur. Au même moment, une réunion des parlementaires, soutiens du gouvernement, s’organise avec Matignon pour le mercredi 27 août prochain afin de préparer l’examen du budget 2026. Invité de la matinale, l’économiste Jean-Marc Daniel estime que pour se maintenir à flot, l’économie française doit se reprendre en main.
« C’est pour l’UE l’accord le plus favorable jamais conclu », a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, après que l’Union européenne et les États-Unis ont publié une déclaration conjointe confirmant l’accord commercial conclu fin juillet. Cependant, les vins et spiritueux, qui devaient en être exonérés en partie, se verraient également appliquer la taxe de 15 %.
Pour Jean-Marc Daniel, c’est une mauvaise nouvelle pour l’économie française : « Pour tout exportateur, l’arrivée d’une nouvelle taxe n’est vraiment pas bon. Mais si on regarde chez nos voisins, que ce soit l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, ils sont en excédent de commerce extérieur, donc ils ont encore des marges de manœuvre, mais dans le cas de la France, on était déjà en plein déficit de commerce extérieur avant que ces droits de douane nous touchent, donc on va être de plus en plus en difficulté. »
L’économiste soulève un autre problème : « Le seul moment où la France a eu un excédent de commerce extérieur, c’est au moment des JO, mais c’était purement exceptionnel. Là, le constat ne peut être plus clair : la France n’exporte pas assez car elle ne produit pas en assez grande quantité. »
La France doit remettre en ordre ses finances
Parmi les propositions de loi dans le cadre du plan Stop à la dette, le gouvernement compte récupérer 4,2 milliards d’euros en 2026 en transformant deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai, en jours travaillés.
Jean-Marc Daniel estime que c’est une réforme nécessaire : « Le pays ne travaille pas assez. En moyenne, la France travaille 670 heures par habitant et par an, alors que nos principaux partenaires travaillent aux alentours de 750 heures par an. Conséquence : on ne produit pas assez, donc on est en déficit extérieur de 3,4 milliards d’euros, et cette donnée n’est estimée que sur un mois. »
Pour l’économiste, il est donc impératif de faire place à une politique de remise en ordre : « Si on a l’impression que la France ne fait pas d’effort, c’est dû à son instabilité politique, car ça fait trois ans qu’elle n’a pas eu de gouvernement stable. Je pense qu’il faut qu’on prenne exemple sur le gouvernement de Giorgia Meloni, où toute la classe politique s’était mise d’accord pour se mettre au travail ensemble et appliquer une politique sévère de remise en ordre des finances. »
Des incohérences dans le budget 2026 ?
Les discussions pour le budget 2026 reprennent dès la rentrée. Pourtant, l’économiste soulève des incohérences : « Dans le plan présenté par François Bayrou, on nous explique que les dépenses publiques s’élèveront cette année à 1722 milliards d’euros, ce qui est énorme. Mais quand on regarde celles de l’année dernière, elles n’étaient que de 1700 milliards. Alors, quand on voit ça d’un regard extérieur, on ne peut pas les prendre au sérieux. »
D’après lui, la communication du gouvernement n’est pas assez claire : « Voilà comment on a présenté ce projet aux Français : travailler plus pour faire en sorte que nous, l’État, on fasse encore moins d’efforts. »
A lire aussi
Il reste convaincu que les Français veulent participer à l’effort collectif si le projet se montre plus concret : « Je pense que les Français sont prêts à faire leur travail si on leur dit : vous allez avoir plus de pouvoir d’achat, vous allez pouvoir, grâce à cela, compenser le fait que vous avez un certain niveau de vie que, pour assumer, vous allez devoir produire plus. »
Alessandra Wyak
Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique