Le Haut Conseil des finances publiques a rendu hier son avis sur la nouvelle feuille de route budgétaire du gouvernement. Il ne semble pas croire dans la stratégie choisie par l’exécutif.
Le Haut Conseil des finances publiques, instance qui dépend de la Cour des comptes, ne juge la feuille de route ni crédible, ni cohérente. il considère qu’il n’y a aucune chance que la trajectoire dessinée dans ce document aboutisse à un déficit ramené sous les 3% d’ici à 2027, et cela pour deux raisons.
D’abord, parce que le gouvernement a une vision trop rose de l’avenir. Il a certes revu à la baisse ses hypothèses de croissance pour cette année et l’an prochain, mais ses prévisions restent supérieures aux attentes des économistes. Le Haut Conseil met surtout en garde contre les effets pervers de la méthode choisie pour revenir dans les clous. Il alerte sur l’impact récessif de l’ambitieux programme de réduction de dépenses annoncé par le gouvernement.
Le même scénario qu’en 2010
Le Haut Conseil ne suggère pas de laisser filer les déficits, mais il souligne que la baisse programmée des dépenses publiques à hauteur de 2% du PIB en quatre ans, qui représente un effort historique, pèsera forcément sur la croissance. Les caisses de l’Etat se rempliront donc moins vite et le déficit diminuera moins que prévu.
Ce constat n’a d’ailleurs rien de théorique, puisque c’est exactement ce qu’il s’était passé au début des années 2010, lorsque les Etats de la zone euro avaient voulu renouer avec les critères de Maastricht à marche forcée après la crise financière. Côté français, à l’époque, l’ajustement n’était pas passé par un coup de rabot mais par un énorme coup de massue fiscale. Mais l’impact sur la croissance avait été massif.
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Une décennie plus tard, les données du problème sont toujours les mêmes. Aucune revue sérieuse des dépenses publiques n’est engagée, ni même programmée. Et pendant ce temps, la crédibilité financière de la France au sein de la classe européenne ne cesse de se dégrader.
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