Le Fonds monétaire international a publié mardi 16 avril ses prévisions de croissance mondiale. Malgré le ralentissement de l’économie mondiale, celle des Etats-Unis semble se porter étrangement bien.
L’économie américaine est en surchauffe, selon le FMI qui vient de relever la prévision de croissance pour 2024 de la première puissance mondiale à 2,7%. Alors que l’économie mondiale est atone, que le taux de chômage outre-Atlantique est inférieur à 4% depuis plus de deux ans et que les taux d’intérêt y sont à leur plus haut niveau depuis 40 ans, la croissance américaine sera plus forte cette année que l’an dernier.
Vu d’Europe, où l’économie tourne au ralenti, le phénomène est incompréhensible et fait penser à une voiture, dont le conducteur aurait les deux pieds sur le frein et qui continuait à accélérer. A y regarder de plus près, trois facteurs permettent toutefois d’expliquer ce mystère.
Une politique budgétaire généreuse
Le premier est la vigueur de la consommation, soutenue par des hausses de salaires supérieures à celle de l’inflation depuis le printemps dernier. Il s’agit de la rançon du plein emploi. Le deuxième facteur est lié à l’immigration. Les bataillons de migrants qui rejoignent les Etats-Unis fournissent une main-d’œuvre bon marché, qui alimente à son tour la croissance grâce à ses revenus.
Mais le facteur décisif, c’est la formidable générosité de la politique budgétaire mise en place par l’administration Biden. En 2023, le déficit américain a dépassé les 6% du PIB, soit 1.700 milliards de dollars. Et cela ne devrait pas beaucoup baisser cette année !
Une stratégie suicidaire
De quoi compenser largement l’effet récessif des taux d’intérêt élevés et soutenir vigoureusement l’activité. Les dispositifs comme l’Inflation Reduction Act permettent par exemple à l’investissement des entreprises de rester à des niveaux élevés.
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Le problème est que cette trajectoire n’est pas tenable, ce qui explique que les experts du FMI parlent de « surchauffe ». La dette fédérale américaine est devenue tellement importante que Washington devra verser 1.000 milliards de dollars cette année, soit plus que le PIB de la Suisse, pour en payer les seuls intérêts. Financer la croissance avec un crédit aussi coûteux est suicidaire à moyen terme. Mais les Etats-Unis sont en année électorale, et il y a peu de chance que l’avertissement du FMI soit entendu.
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