Courtiers en immobilier : Pourquoi ils manifestent aujourd’hui pour la première fois

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Les courtiers en immobilier manifestent ce mardi 20 septembre. Un mouvement inédit pour une profession peu habituée aux démonstrations de colère. Ils protestent contre un contexte peu favorable à leur activité d’intermédiaire entre emprunteurs et prêteurs.

Les banques hésitent fortement à accorder des prêts immobiliers

Les courtiers en immobilier dénoncent un taux d’usure trop bas, qui selon eux ne prend pas en compte la remontée générale des taux des crédits immobiliers. En moyenne, les offres de prêts se négocient à l’heure actuelle autour de 1,9%, tandis que le taux d’usure, qui est le maximum auquel une banque peut prêter, est lui à 2,57%. Or, si on ajoute au crédit, les frais de dossier et l’assurance emprunteur, les marges des banques se réduisent à peau de chagrin. Résultat, elles ne prêtent plus. Et par répercussion, c’est toute l’activité des courtiers qui est en danger. Pour Lionel Fourtier, courtier en région parisienne, la règle du jeu est simple : s’il n’y a pas de prêt signé, il n’y a pas d’honoraires, c’est le propre du courtage. Mais ces derniers mois, avec un taux d’usure trop bas, il est perdant à tous les coups : « depuis le mois de juin, on n’a aucune entrée. Des clients nous expliquent que leur banque refuse de monter le dossier parce que les normes sont trop strictes. Cela concerne aussi les très bons profils ».

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La Banque de France refuse de réviser le taux d’usure de manière exceptionnelle

Lionel l’assure, certains courtiers raccrochent, et lui-même envisage les prochains mois avec appréhension. En effet, 45% des dossiers sont refusés, dont une majorité de candidats à l’emprunt âgés de 30 à 55 ans, catégorie pourtant la plus riche de la population. C’est ubuesque selon lui : « même des ingénieurs ne peuvent pas acheter, c’est irrationnel ! ». Les dossiers qui passent le plus facilement sont ceux des clients qui achètent cash. Le taux d’usure est calculé à partir des crédits octroyés 3 mois auparavant. Celui établi en juillet se base sur des prêts contractés en avril, autour de 1,4%, or aujourd’hui, les taux d’intérêts dépassent les 1,9%. Pour Bérengère Dubus, de l’UIC, syndicat de courtiers, c’est une aberration : « il faut que le taux d’usure soit révisé au mois d’octobre de manière exceptionnelle, sur la réalité des taux constatés en septembre ». Ils demandent de la réactivité par rapport à la réalité. La Banque de France s’y refuse. Son gouverneur, François Villeroy de Galhau a déjà affirmé que le mode de calcul ne changerait pas pour le futur taux d’usure qui sera annoncé le 1er octobre.

Eric Kuoch

Ecoutez le reportage d’Eric Kuoch (à partir de 2’30 »)

 

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