Langue française : Tirer les marrons du feu, battre son plein, 5 expressions françaises dont vous ignorez le sens véritable

iStock

Il arrive que les mots et expressions de la langue française perdent leur sens au fil du temps. Voici quelques exemples très parlants sur lesquels vous ne vous tromperez plus… à moins que personne ne puisse plus vous comprendre, tant la locution a été enfouie !

Il y a péril en la demeure, une question d’urgence

« Il y a péril en la demeure » : on pense que le terme « demeure » désigne une maison, un logement. Mais il s’agit ici d’un sens vieilli. La demeure désigne le fait de tarder, de demeurer. Ainsi, l’expression « il y a péril en la demeure » n’indique pas qu’il y a un danger chez soi, mais signifie qu’il faut agir vite, qu’il est imprudent d’attendre. On l’emploie surtout de manière négative d’ailleurs : « il n’y a pas péril en la demeure » pour indiquer que ce n’est pas urgent.

Tirer les marrons du feu : se sacrifier pour autrui

« Tirer les marrons du feu » : On entend parfois cette expression, de moins en moins employée, il faut le reconnaître, dans le sens de « tirer profit d’une situation délicate ». Or, elle signifie se donner de la peine pour le seul profit d’autrui. C’est le fait de prendre des risques pour les autres.

A lire aussi

 

Par exemple, dans la fable de Jean de La Fontaine, Le Singe et le Chat, le chat se met en danger pour voler des marrons afin que le singe les lui dérobe immédiatement. Précisons toutefois qu’il vaut mieux éviter d’employer cette expression car son sens originel est quasiment oublié et, résultat, on mélange un peu tout.

Battre son plein : à son point culminant

« Battre son plein » signifie « être à son point culminant ». Exemple : « la fête bat son plein ». Mais il y a une idée courante qui voudrait que « son » soit ici le son, comme si le son qu’on entend était plein. Or, « son » est ici un déterminant possessif et n’a rien à voir avec le son qu’on entend. On peut donc le mettre au pluriel, ce qui donne « les fêtes battent leur plein ».

Tomber dans les pommes n’invoque aucun fruit

« Tomber dans les pommes » est une déformation du mot pâmes, issu de l’ancien français se pâmer, signifiant perdre connaissance. On pense alors à une autre expression, plus proche du mot initial : « tomber en pâmoison », autrement dit, s’évanouir sous le coup d’une émotion.

S’avérer faux, un non-sens total

Enfin, ce n’est pas une expression, mais un verbe très trompeur : avérer. Il signifie « donner pour certain ». Il vient de l’adjectif latin verus qui signifie « vrai ». Aujourd’hui, on l’emploie surtout à la forme pronominale, s’avérer. En général, il est suivi d’un adjectif, notamment de l’adjectif « vrai ». Or, dire « les faits relatés se sont avérés vrais » est un pléonasme. Et dire « cela s’est avéré faux » est un non-sens, puisque avérer signifie révéler comme vrai. Si on tient à employer ce verbe, on pourra dire « les faits ont été avérés », ou « il s’est avéré que cette leçon n’était pas difficile ».

Karine Dijoud

 

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?